Le débat sur les frais d’incidents bancaires ne faiblit pas
Le gouvernement accélère ses travaux sur les frais d’incidents bancaires. Emmanuel Monnet, conseiller du ministre de l’Economie pour le financement de l’économie, a reçu hier la fédération CGT Banque Assurance pour évoquer ce sujet. Celui-ci avait déjà fait l’objet, lundi, d’une rencontre entre Bruno Le Maire et la Fédération bancaire française, de sources concordantes.
Ces réunions s’inscrivent dans le cadre des travaux menés par le gouvernement en vue de décider d’un éventuel plafonnement des frais d’incident de paiement au cours des tout prochains mois. Dans un communiqué publié début juillet, plusieurs associations de consommateurs, dont l’UFC-Que choisir, et la CGT Banque Assurance avaient dénoncé ces frais d’incidents, qui, selon elles, «génèrent 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les banques» chaque année.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau - qui, avec le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), porte des propositions d’encadrement des frais d’incident - propose de les plafonner uniquement pour les consommateurs bénéficiant de l’offre spécifique des banques dédiée à la clientèle fragile financièrement. Mais, cette offre est souscrite par moins de 10% des 3,6 millions de consommateurs qu’elle vise. La faute, selon les associations de consommateurs, à son caractère stigmatisant et à sa faible distribution par les banques, qui la jugent insuffisamment rentable. Les associations réclament donc un plafonnement des frais d’incidents bancaires pour l’ensemble des consommateurs.
Une requête à laquelle le gouvernement ne serait pas favorable, selon une source proche du dossier. D’après cette même source, l’exécutif fera des annonces en la matière à la fin de l’été. Celles-ci ne devraient finalement pas figurer dans le plan pauvreté que le gouvernement doit présenter à la rentrée, contrairement à ce que Bruno Le Maire avait indiqué lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Les dispositions du gouvernement relatives au plafonnement des frais d’incidents bancaires ne devraient pas non plus être intégrées dans la loi Pacte, censée entrer en vigueur en 2019. Interrogé par L’Agefi, le cabinet de Bruno Le Maire s’est refusé à tout commentaire, indiquant «travailler sur le sujet, pour une réponse à la rentrée».
Plus d'articles du même thème
-
Les finances publiques sont au bord de l’étouffement
La Cour des comptes lance un ultimatum au gouvernement : ou des mesures rectifiant la trajectoire de la dette publique sont prises maintenant, ou la France va étouffer sous le poids des intérêts à payer, qui pèsent pour la moitié du déficit budgétaire. -
Le Crédit Agricole joue la carte coopérative pour se renforcer en Espagne
La banque verte annonce une prise de participation de près de 10% au capital du premier groupe bancaire coopératif espagnol. L’alliance se double de projets de distribution dans différents services financiers, mais pas dans l’assurance. -
Les banques américaines ouvrent grand le robinet des dividendes
La Réserve fédérale américaine a publié mercredi les résultats des tests de résistance des 32 plus grandes banques du pays. Toutes ont réussi à passer ces tests, qui ont ouvert la voie aux annonces de hausse de dividende.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien