Le Crédit Mutuel CIC met ses fédérations à contribution

L’objectif de baisse du coefficient d’exploitation d’ici à fin 2015 s’applique au groupe et à chacune de ses composantes
La rédaction

Michel Lucas veut aller plus vite et plus fort. Le président du Crédit Mutuel-CIC, qui a soufflé ses 75 bougies au début du mois, a invité le 23 mai l’ensemble des composantes du groupe à accentuer les efforts de maîtrise des charges, à l’occasion de l’assemblée générale de la puissante Fédération Centre Est Europe à Strasbourg. Cette grand messe, surnommée la «choucroute» en interne, a réuni plusieurs milliers d’élus et de salariés.

La banque française, beaucoup moins diserte que ses grands concurrents cotés sur son plan stratégique 2016, souhaite ramener sous les 60% le coefficient d’exploitation du groupe d’ici à fin 2015, mais aussi celui de chacune des 11 fédérations qui le constituent. Contrairement à l’ensemble du secteur, qui a détruit de l’emploi en net en 2013, le processus se ferait à effectifs constants. L’an dernier, le coefficient d’exploitation du CM11-CIC est tombé à 62%, contre 64% en 2012.

La mise à contribution de l’ensemble des fédérations se traduit aussi sur le plan capitalistique. La Banque fédérative du Crédit Mutuel (BFCM), structure qui coiffe les filiales métiers du CM11-CIC, a prévu de faire remonter en deux temps, en 2014 et 2015, une partie des fonds propres logés dans les caisses locales, et d’ouvrir son tour de table à hauteur de 200 millions au Mouvement Desjardins du Québec. En 2013, le groupe BFCM comptait 20 milliards d’euros de fonds propres, tandis que le CM11-CIC en affichait 33,4 milliards. Le chiffre de 3,9 milliards d’euro au total a circulé pour ce transfert interne, qui doit renforcer la solvabilité de la BCFM, pénalisée notamment par le traitement des filiales d’assurance. «Cela permettra surtout à la BFCM de saisir plus facilement des opportunités d’acquisitions», estime une source interne.

De ce point de vue, la diversification du groupe à l’international apparaît comme une priorité. Une première vague de croissance externe – Targobank en Allemagne, joint-venture sous la même marque avec Banco Popular en Espagne, Cofidis – a contribué à 20% dans la part des revenus réalisés hors de France. Le groupe a en revanche dénoué ses accords avec la Banca Popolare di Milano, énième exemple d’achat d’un ticket minoritaire au capital d’une banque n’ayant pas permis de nouer des liens solides. Du coup, le groupe compte désormais sur le levier que lui procurent en Afrique ses participations en Tunisie et au Maroc.

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