Le Crédit Agricole voit ses revenus baisser dans ses réseaux en France
Après un deuxième trimestre marqué par le coût du sinistre Espirito Santo au Portugal, le Crédit Agricole retrouve le chemin de la croissance des bénéfices. Crédit Agricole SA (CASA), le véhicule coté du groupe, publie ce matin un résultat net de 758 millions d’euros au troisième trimestre, en hausse de 4,1% sur un an. Sur neuf mois, le résultat net s’affiche en repli de 13,2% par rapport à la même période de l’an dernier, à 1,64 milliard d’euros. Au niveau du groupe, qui prend en compte la contribution à 100% des caisses régionales et non à 25%, le bénéfice net du trimestre s’élève à 1,46 milliard.
Le trimestre a été marqué par la baisse des revenus dans la banque de détail en France, qu’il s’agisse des caisses régionales (-4,5% de produit net bancaire en un an) ou de LCL (-4,6%). Si la banque verte invoque une base de comparaison élevée en 2013 lié aux renégociations de crédits immobiliers, des facteurs structurels sont aussi à l’œuvre. Le PNB est «impacté par la persistance des taux bas et l’aplatissement de la courbe des taux qui pèsent sur la marge d’intermédiation. De plus, les commissions sont affectées par le contexte réglementaire défavorable», un argument déjà évoqué par BNP Paribas pour son réseau retail en France.
A l’international, la contribution de la banque italienne Cariparma au résultat reste modeste (32 millions d’euros). Le PNB du pôle services financiers spécialisés enregistre une baisse de 11,8% par rapport au troisième trimestre 2013 à 648 millions d’euros, «en ligne avec la baisse des encours par rapport à l’année précédente». Concernant les potentielles cessions d’actifs des banques italiennes, notamment Monte dei Paschi di Siena et Banca Carige, qui ont tous deux échoué aux stress tests organisés par la BCE, Jean-Paul Chifflet, le directeur général de CASA, a indiqué que le groupe «n’interviendrait pas en Italie». «Le groupe ne procédera à aucune croissance externe nulle part, sauf à travers Amundi ou la banque privée », deux métiers dans lesquels la banque compte jouer un rôle de consolidateur.
Dans la BFI, CA CIB dégage 246 millions de résultat net, et une hausse de 5,6% du PNB à 941 millions. A 355 millions d’euros ce trimestre, les revenus des activités de fixed income progressent notamment de 6,9% sur un an.
Quant au pôle gestion et assurance, il affiche une progression de 1,1% sur un an du PNB trimestriel, à 1,24 milliard. Au sein de ce pôle, Amundi continue de briller, avec un bond de près de 21% de ses revenus en un an à 420 millions d’euros. Ses actifs sous gestion s’élevaient à fin septembre 2014 à 844 milliards d’euros, en hausse de 8,6% par rapport à fin décembre 2013. La collecte nette a atteint 22,3 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, dont 9,6 milliards au troisième trimestre 2014.
Enfin, la banque continue à renforcer sa solvabilité. Le groupe, testé à cette échelle par la Banque centrale européenne, revendique un ratio Common Equity Tier 1 Bâle 3 non phasé de 12,9% à fin septembre 2014, en progression de 153 points de base depuis le 1er janvier 2014. Le ratio de levier phasé s'élève à 4,1% à fin septembre 2014, selon les modalités de la CRD4, et à 5,1% selon la méthodologie applicable en 2015 d’après l’acte délégué adopté par la Commission européenne le 10 octobre. Au niveau de CASA, structurellement moins riche en fonds propres, le CET1 non phasé atteint 10,1% «après prise en compte anticipée d’un milliard d’euros au titre de la prudent valuation».
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