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Private equity européen : une opportunité à considérer de près
L’Europe a longtemps peiné à rivaliser avec les États-Unis pour attirer les capitaux mondiaux investis dans le private equity. Une croissance économique plus modérée, une fragmentation politique persistante et des politiques budgétaires relativement prudentes ont souvent conduit les investisseurs à considérer la région davantage comme une source de diversification que comme un moteur de croissance.
Cette perception est toutefois en train d’évoluer. Le réalignement géopolitique, l’attention renouvelée portée à la résilience des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des investissements dans des secteurs tels que la défense et les infrastructures redéfinissent les priorités économiques de l’Europe et renforcent sa compétitivité.
Dans le même temps, les caractéristiques qui ont historiquement rendu la région complexe à appréhender deviennent une source d’opportunités pour les investisseurs spécialisés capables d’adopter une approche sélective et de s’appuyer sur une forte présence locale.
Un avantage en matière de sourcing
Cette dynamique est particulièrement visible sur le segment inférieur du mid-market, qui compte en Europe un grand nombre de petites et moyennes entreprises dirigées par leurs fondateurs ou détenues par des familles, ainsi que des divisions que de grands groupes sont disposés à céder.
Au cours des cinq dernières années, jusqu'à huit rachats sur dix de petites et moyennes entreprises, définis comme des opérations portant sur des sociétés valorisées à moins de 1 milliard d’euros, ont été réalisés auprès de vendeurs privés.
Nombre de ces entreprises n’ont encore jamais été détenues par des acteurs institutionnels, ce qui crée un flux récurrent d’opérations où l’amélioration opérationnelle, la professionnalisation et l’expansion internationale peuvent jouer un rôle significatif dans la création de valeur.
Les familles et les fondateurs représentent la majorité des rachats de petites et moyennes entreprises en Europe
Sources : données Unquote, McKinsey & Company et Schroders Capital, 2026. Les opinions exprimées sont celles de Schroders Capital et sont susceptibles d'évoluer.
De la complexité à l’opportunité
La fragmentation même qui rend l’Europe complexe à appréhender constitue également une barrière concurrentielle. La coexistence, à travers le continent, de nombreux systèmes juridiques, régimes fiscaux, langues et cadres réglementaires rend plus difficile l’intervention à grande échelle des investisseurs généralistes.
Cette complexité peut favoriser les gérants spécialisés disposant de réseaux locaux établis et d’une expertise sectorielle. Les gérants capables d’accompagner l’expansion transfrontalière, la professionnalisation et le changement d’échelle disposent ainsi de nombreuses opportunités de création de valeur opérationnelle.
Des points d’entrée attractifs
Outre les possibilités d’adopter une approche très sélective et de créer de la valeur sur le plan opérationnel, les caractéristiques propres au marché européen et l'étendue de son univers d’investissement, historiquement sous-capitalisé, offrent des points d’entrée attractifs susceptibles de soutenir les rendements à long terme.
Les transactions européennes de private equity se sont récemment négociées sur la base d’un multiple médian de valeur d’entreprise/EBITDA d’environ 11,2x, contre 12,8x aux États-Unis.
Par ailleurs, les rachats sur le segment inférieur du mid-market, davantage représentés en Europe, se sont généralement négociés avec une décote significative par rapport aux opérations de plus grande taille, avec un écart de multiple d’environ 5x à 6x en moyenne en 2025.
Cela n’élimine pas le risque d’investissement, mais offre aux gérants une plus grande marge de manœuvre pour créer de la valeur grâce à l’amélioration opérationnelle, plutôt que de dépendre uniquement de l’effet de levier ou de l’expansion des multiples.
Pour les investisseurs, le défi réside dans l’accès à ces opportunités. La dispersion des performances demeure importante, ce qui rend la sélection des gérants et des opérations particulièrement déterminante.
Les transactions sur le segment inférieur du mid-market européen affichent structurellement des valorisations plus faibles
Sources : Baird, 2025, Capital IQ, 2025 et Schroders Capital, 2026. Les opinions exprimées sont celles de Schroders Capital et peuvent ne pas conduire à des résultats d’investissement favorables. Rien ne garantit que les objectifs ou résultats visés seront atteints.
Les opportunités de co-investissement
Dans ce contexte, le co-investissement peut jouer un rôle important, en direct ou via des fonds spécialisés regroupant plusieurs opérations.
Plutôt que de s’exposer pleinement aux risques des fonds de type « blind pool » utilisés dans les stratégies de rachat, dont les investissements sous-jacents ne sont généralement pas connus au moment de l’engagement, les co-investisseurs s’appuient sur leurs relations avec des gérants locaux pour analyser chaque entreprise en profondeur et concentrer leurs capitaux sur des opportunités sélectionnées.
Les co-investissements peuvent également réduire le coût global d’une allocation en private equity, car ils s’accompagnent généralement de frais de gestion et de carried interest moins élevés.
Un modèle en évolution
Le modèle du co-investissement évolue lui aussi et ne se limite plus au simple apport de capitaux au moment de l’acquisition ou aux structures traditionnelles d’investissement en fonds propres.
Les investisseurs apportent souvent des fonds propres supplémentaires plusieurs années après l’investissement initial afin de financer de nouvelles acquisitions ou de soutenir le développement de l’entreprise. Ils peuvent également recourir à des structures de fonds propres privilégiés (preferred equity) pour atténuer les risques, voire prolonger leur période de détention en restant investis lorsqu’un actif entre dans une nouvelle phase de son actionnariat.
Cette évolution renforce l’importance des capacités d’analyse et de sélection, ainsi que des relations de long terme avec les gérants. Sur un marché européen où la complexité peut être source à la fois d’opportunités et de risques, la capacité à sélectionner la bonne entreprise, le bon gérant et le bon point d’entrée pourrait devenir aussi déterminante que le capital lui-même.
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