Le Crédit Agricole SA peine à calmer ses actionnaires
Entre les interventions provoquées par des militants féministes et des défenseurs de l’environnement, les dirigeants de Crédit Agricole SA (CASA) ont tenté de rassurer les actionnaires, très remontés, de la structure cotée du groupe Crédit Agricole, lors de l’assemblée générale organisée hier.
La situation de sa filiale grecque Emporiki, cause principale de la désaffection des investisseurs pour le titre, était au centre des discussions. Bien que Jean-Paul Chifflet, le directeur général de CASA, ait indiqué en début de mois, à la publication des comptes trimestriels, que la banque se préparait à «toutes les éventualités» – notamment une sortie de la Grèce de la zone euro – son président Jean-Marie Sander a tenu à préciser hier qu’un départ du pays était exclu. «Vous ne quittez pas une société ou un pays du jour au lendemain», a-t-il voulu rassurer. Les dirigeants ont également affirmé que les fonds propres de CASA (43 milliards d’euros et 70 milliards pour le groupe Crédit Agricole) permettrait à cette dernière de résister à une perte «extrême» venant de Grèce.
En écho, Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, qui tenait également son assemblée générale hier, a affirmé qu’il n’y avait pas de «bank run» sur sa filiale locale Geniki.
L’état du pays devrait néanmoins durablement peser sur l’avenir de CASA. C’est pourquoi ses dirigeants ont fait savoir qu’ils avaient, dimanche, à nouveau réclamé au gouverneur de la Banque de Grèce l’accès à l’ELA (Emergency Liquidity Assistance), un dispositif mis en place par les banques centrales nationales indépendamment de la BCE. Car pour l’instant, CASA se plaint que l’ELA ne profite qu’aux établissements grecs ayant des actionnaires grecs. Savoir s’il s’agit d’une discrimination en infraction avec les règles communautaires est l’objet d’un débat juridique. Selon nos sources, CASA réfléchit depuis quelques mois à porter l’affaire à Bruxelles, sans avoir tranché.
La banque estime «modeste» le risque relatif à l’Espagne, où son exposition à la dette publique et privée cumule 11,3 milliards d’euros.
Alors que ses actionnaires ont été privés de dividendes cette année, au titre des pertes de 1,47 milliard d’euros accusées en 2011, CASA souhaite pouvoir reprendre sa politique de distribution en 2013. Sans rien promettre, la priorité étant le renforcement de la solvabilité de la banque.
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