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Une crise énergétique après l’autre

La dernière crise d’approvisionnement en énergie remonte à peu, lors du début de la guerre en Ukraine, qui avait provoqué l’arrêt des importations de gaz et pétrole russes.
Interior of meeting room in moder office
Interior of meeting room in moder big office  -  ANDOR BUJDOSO

La situation actuelle est néanmoins différente à plusieurs titres. « L’économie n’est pas la même dans le sens où la croissance ne bénéficie pas des mesures de soutien qui prévalaient à l’époque, souligne Frédéric Leguay. Il est vraisemblable que ce sera plus difficile pour les pays développés de soutenir l’économie comme ils ont pu le faire au moment de la crise avec la Russie. En revanche, sur le plan de l’inflation, c’est l’inverse : on rentre dans cette crise avec une inflation bien maîtrisée. En outre, la consommation est moins dynamique et donc la transmission des hausse de coûts par les entreprises dans le prix sera plus complexe, ce qui signifie qu’on aura peut-être plus de conséquences sur les marges des entreprises. » Autre phénomène notable : les entreprises ont appris de l’expérience passée et savent s’adapter. « Ce qui est intéressant, c’est que depuis le Covid et la crise en Ukraine, les entreprises ont mis en place des équipes dédiées à la gestion de ces problématiques, évoque Thomas Brenier. Elles sont aujourd’hui beaucoup mieux préparées et commencent très rapidement à activer des solutions alternatives d’approvisionnement. Cela peut compenser en partie les effets négatifs. »

La durée, une variable décisive en cas de choc Énergétique

L’impact d’un choc pétrolier sur l’économie varie fortement selon qu’il est permanent ou temporaire.

Le secteur de la défense demeure attractif

Les perspectives de croissance et la valorisation des entreprises européennes de la défense comparée à celle de leurs homologues américaines rendent le secteur intéressant.

Les taux d’intérêt, une variable clé

Facteur essentiel du panorama économique, les taux d’intérêt suscitent des anticipations divergentes. En début d’année, le consensus de marché penchait plutôt pour des politiques monétaires accommodantes, aussi bien outre-Atlantique qu’en Europe. Une vision désormais remise en cause, certains observateurs allant jusqu’à envisager deux hausses de taux de la Banque centrale européenne sur l’année. « Notre scénario central repose sur une fin du conflit autour du mois d’avril et un prix du baril proche de 100 euros en moyenne au deuxième trimestre, avant un reflux progressif, expose Frédéric Leguay. Dans ce contexte, nous n’anticipons pas de remontée des taux courts en zone euro. » Selon ce dernier, les anticipations du marché sont à prendre avec prudence. « Le marché interprète fortement les messages des banquiers centraux, dont le rôle est avant tout d’ancrer les anticipations d’inflation à un niveau bas », explique-t-il. Sans compter que la probabilité de rentrer dans une boucle inflationniste semble assez peu probable à ce stade. « L’inflation actuelle est importée via les matières premières et nous ne voyons pas de spirale inflationniste généralisée, notamment sur les salaires, qui restent l’indicateur clé à surveiller », souligne Thomas Brenier.

D’autant qu’une hausse des taux trop rapide serait défavorable à la croissance économique, un facteur que les banques centrales ne peuvent écarter. « Lorsque l’inflation provient d’un choc temporaire sur les matières premières, les banques centrales évitent généralement de resserrer leur politique monétaire pour ne pas fragiliser davantage un cycle déjà affaibli, rappelle Frédéric Leguay. Si la crise devait durer et que les prix continuaient de monter, une intervention pourrait devenir nécessaire, notamment dans un contexte de déficits budgétaires élevés. Mais aujourd’hui, ce n’est pas notre scénario. » Une autre possibilité serait au contraire une politique monétaire plus accommodante pour soutenir la croissance. « Si la crise s’installe dans la durée, nous pourrions entrer en phase de fort ralentissement ou de récession et, dans ce cas, le rôle des banques centrales serait plutôt de soutenir l’économie avec des baisses de taux que de resserrer les conditions financières », considère Thomas Brenier.

Le marché anticipe (à tort ?) des hausse de taux

Les small et midcaps dans l’expectative

Historiquement, les petites et moyennes capitalisations bénéficient d’une prime de valorisation liée à leur croissance intrinsèque, mais elles affichent actuellement une décote. Cette faiblesse des valorisations, combinée à une reprise de la croissance en Europe, laissait entrevoir en début d’année la poursuite du rebond amorcé l’an dernier. Toutefois, leur trajectoire reste désormais étroitement dépendante de l’évolution de la conjoncture. « En cas d’aggravation du conflit et de ralentissement économique en Europe, ce potentiel de surperformance serait de nouveau mis en pause », alerte Thomas Brenier. La dynamique des taux joue également un rôle déterminant en facilitant le financement de ces sociétés. « Les phases de baisse des taux d’intérêt sont en général favorables aux small caps, avec un effet retard », rappelle-t-il, même si le cycle actuel apparaît atypique, la surperformance attendue tardant à se concrétiser. Frédéric Leguay insiste par ailleurs sur l’importance des flux de marché. « Les investisseurs se tournent d’abord vers les grandes valeurs, puis vers les plus petites dans un second temps », souligne-t-il. Selon lui, le scénario central demeure constructif : « Si l’on retrouve les tendances macroéconomiques d’avant-crise, les small caps peuvent repartir à la hausse. » Enfin, il met en avant un soutien structurel potentiel : « La volonté européenne de réindustrialisation et d’autonomie pourrait être favorable à ce segment. »

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