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La quête de portage favorise le high yield

La recherche de rendement conduit les investisseurs à s’intéresser au segment qui en délivre le plus, au prix d’un risque plus élevé, dans un environnement où les taux de défaut des entreprises restent contenus.
Businessman touching risk warning icon, financial management
A businessman touching risk warning icon, financial management  -  thip_42569/Thipsuda - stock.adobe.com

« Le high yield connaît un regain d’intérêt ces derniers mois. Nous avons enregistré des flux significatifs, en particulier vers les stratégies high yield à duration courte, dont la volatilité est moindre », relève Violaine de Serrant. Et cette brique du high yield a toute sa place dans une allocation, où une diversification bien comprise des risques est un élément clé. « Le high yield a du sens, avec un rendement au-dessus de 5 %, souligne Eléonore Bunel. Sur ce segment, il semble intéressant de privilégier l’Europe, où l’univers a une duration assez courte – autour de 2,5 ou 3 ans – et où la qualité de crédit est meilleure : BB- en moyenne, versus B+ pour le high yield américain. Cela dit, les spreads serrés et les incidents récents sur le crédit privé incitent à la prudence et conduisent à ajouter du crédit investment grade, dont le rendement vient, pour les trois quarts, des taux. Du souverain court ou moyen, du crédit investment grade très dépendant des taux et du high yield pour le portage, c’est un bon mix pour affronter une volatilité un peu plus prononcée ou un ralentissement plus fort qu’attendu aux Etats-Unis. » Dans le marché du high yield, la question des risques est évidemment cruciale. Une approche globale est un moyen de les répartir. « Cela permet au fil du temps de naviguer d’un marché à l’autre, atteste Violaine de Serrant. Il y a deux ou trois ans, nous étions très surpondérés sur les Etats-Unis. Nous avons totalement coupé cette surpondération : l’exposition de nos stratégies globales high yield outre-Atlantique est aujourd’hui de l’ordre de 19 %, ce qui est très bas. »

Et pour se prémunir contre le risque de défauts, une solution est de se concentrer sur des échéances courtes. « Dans le marché du high yield, nous privilégions une approche globale à duration courte afin de mieux appréhender le risque de crédit sur un horizon de temps de deux à trois ans. Cet horizon permet d’avoir une meilleure visibilité des cash-flows et donc de la capacité de remboursement de la dette par les entreprises. Il offre encore des rendements attractifs de l’ordre de 5 %. C’est donc un segment à ne pas délaisser », estime Violaine de Serrant. « Le segment court du high yield offre des performances souvent supérieures au rendement affiché, notamment grâce aux rappels anticipés d’émissions », rappelle d’ailleurs Emmanuel Petit.

Au-delà du high yield, les investisseurs trouvent du grain à moudre dans certaines niches de marché. « Certaines sous-classes d’actifs permettent d’aller chercher du rendement supplémentaire, comme les obligations financières, en particulier les subordonnées AT1 », précise Eléonore Bunel. Un avis partagé par Emmanuel Petit : « Les financières, bien qu’associées à un risque de bêta plus élevé, présentent des fondamentaux solides et une rémunération attractive au regard de la volatilité encourue. » Et c’est aussi au-delà des marchés développés que se porte le regard des investisseurs. « Sur la dette émergente, on a vu les flux revenir cette année, ce qui est dû à un effet Trump et à la faiblesse du dollar. Et certains pays assez volatils dans la période précédente ont connu de beaux rebonds à travers la devise pour les dettes locales, mais aussi en devises dures », constate Alexandre Caminade. Les facteurs techniques redeviennent positifs après des années durant lesquelles ce segment a été très délaissé.