Le Crédit Agricole reste sur la bonne voie malgré ses mésaventures portugaises
Le marché n’a pas tenu rigueur au Crédit Agricole de la perte de 708 millions d’euros provoquée par les déboires de Banco Espirito Santo (BES), qui a pourtant siphonné le bénéfice net de l’établissement mutualiste au deuxième trimestre. Le titre de Crédit Agricole SA (CASA, sa structure cotée) s’est envolé de 6,6% en séance, pour terminer en hausse de 2,19% (à 10,51 euros).
Les analystes ont retenu la solidité financière et les performances de certains métiers de CASA (en dépit de la faiblesse des taux qui a pesé sur les marges d’intermédiation et les bénéfices de LCL et des caisses régionales). «Retraités des éléments exceptionnels, le produit net bancaire, le résultat brut d’exploitation et le résultat courant avant impôt sont supérieurs au consensus de 9%, 27% et 40%», notent les analystes de Natixis.
La réduction du coût du risque explique en partie ce satisfecit. Il recule de 20% par rapport au deuxième trimestre 2013, à 534 millions d’euros –une tendance sensible dans l’ensemble de ses activités. L’amélioration du coût du risque de CASA est nette dans la filiale italienne de crédit à la consommation Agos Ducato (-33,5% à 149 millions d’euros), longtemps point noir du groupe, mais aussi pour CA CIB, le pôle de banque de financement et d’investissement (BFI).
Ce dernier a connu une activité dynamique, aussi bien dans le fixed income (+13,3% de revenus à 443 millions d’euros), dans le conseil (+12,7% à 80 millions), qu’en financement (25% à 648 millions). Ajoutées à cette croissance, la stabilité des charges et la chute de moitié des provisions pour coût du risque ont provoqué l’envol du résultat net (+35% à 384 millions).
Les compteurs du réseau italien Cariparma, longtemps fragilisé par les difficultés économiques du pays, sont au vert (+6% de PNB à 416 millions d’euros et +34% de bénéfice net, à 41 millions). La filiale a notamment bénéficié de la baisse du coût moyen de la collecte et de la baisse des charges de 4,5%.
Enfin, l’épisode BES n’a pas empêché CASA de renforcer son bilan. Le ratio réglementaire de fonds propres common equity tier one (CET1) a progressé de 90 points de base (pb) par rapport au trimestre précédent. Au 30 juin, il atteint 9,9%. Alors que «le ratio CET1 devrait être volatile en raison de l’évolution des réserves AFS [pertes ou plus-values latentes sur les placements de la banque], nous estimons que le groupe est en avance sur son objectif de 9,8% fin 2015», précisent les analystes de Natixis.
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