Le Crédit Agricole rattrape le retard de son projet d’informatique unique
Après un retard au démarrage, le projet de plate-forme informatique unique des caisses du Crédit Agricole, baptisé NICE, est entré dans sa seconde phase. Pour l’heure, l’informatique des 39 caisses régionales reste éclatée entre cinq systèmes d’information régionaux (SIR).
La première phase (V1), dont les développements ont nécessité 120.000 jours/hommes au lieu des 80.000 prévus, a été mise en place dans sept caisses en octobre et novembre, la migration devant être achevée à la fin de l’année 2013. Elle laissera place à la version définitive en 2014, sachant que deux caisses devraient servir de pilote l’année d’avant.
Le retard pris a été «neutralisé», selon les responsables du projet, piloté depuis la Fédération nationale du Crédit Agricole, qui rassemble les caisses. «Le décalage a été l’occasion d’un changement de trajectoire afin d’accélérer la mise en œuvre du plan», explique Frédéric Thomas, président de CA Technologies et de CA Services, par ailleurs directeur général de la caisse Normandie-Seine. La bascule se fait ainsi dès le départ sur un système d’information unique, au lieu de deux processus de migration.
Le groupe en a également profité pour regrouper les centres de données des cinq SIR sur trois sites (Chartres, le principal, inauguré en 2010, Gradignan, près de Bordeaux, et Clermont-Ferrand). «Ce n’était pas prévu initialement, mais l’accroissement des exigences des régulateurs a nécessité la mise en place de data-centres au plus haut niveau de sécurité», précise Hicham Jaballah, directeur général de NICE.
Concrètement, la V1 unifie déjà certains procédés, comme l’entrée en relation, le crédit dématérialisé, la gestion des réclamations, ou la gestion téléphonie sous IP, c’est-à-dire l’intégration du téléphone dans le système informatique. Cette dernière marque la première étape vers le multicanal intégral, l’un des objectifs de NICE.
Le projet doit également permettre de réduire de 30% en cinq ans le coût de l’informatique pour les caisses, pour un investissement de 500 millions d’euros. Leur budget informatique cumulé a atteint 750 millions en 2010. Il devrait être réduit à 500 millions à compter de 2014. Sur les 2.500 salariés des caisses travaillant dans les ex-SIR, près de 1.500 sont affectés à CA Technologies et CA Services, tandis que 350 seront les relais du système dans les caisses et 150 seront reclassés localement. 500 départs en retraite sont programmés.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien