Le Crédit Agricole rattrape le retard de son projet d’informatique unique

La première version du programme NICE est en cours de déploiement. Les caisses régionales veulent, à terme, économiser 250 millions d’euros par an
Antoine Landrot
Une agence du Crédit Agricole Normandie. Photo: PHB/Agefi
Une agence du Crédit Agricole Normandie. Photo: PHB/Agefi  - 

Après un retard au démarrage, le projet de plate-forme informatique unique des caisses du Crédit Agricole, baptisé NICE, est entré dans sa seconde phase. Pour l’heure, l’informatique des 39 caisses régionales reste éclatée entre cinq systèmes d’information régionaux (SIR).

La première phase (V1), dont les développements ont nécessité 120.000 jours/hommes au lieu des 80.000 prévus, a été mise en place dans sept caisses en octobre et novembre, la migration devant être achevée à la fin de l’année 2013. Elle laissera place à la version définitive en 2014, sachant que deux caisses devraient servir de pilote l’année d’avant.

Le retard pris a été «neutralisé», selon les responsables du projet, piloté depuis la Fédération nationale du Crédit Agricole, qui rassemble les caisses. «Le décalage a été l’occasion d’un changement de trajectoire afin d’accélérer la mise en œuvre du plan», explique Frédéric Thomas, président de CA Technologies et de CA Services, par ailleurs directeur général de la caisse Normandie-Seine. La bascule se fait ainsi dès le départ sur un système d’information unique, au lieu de deux processus de migration.

Le groupe en a également profité pour regrouper les centres de données des cinq SIR sur trois sites (Chartres, le principal, inauguré en 2010, Gradignan, près de Bordeaux, et Clermont-Ferrand). «Ce n’était pas prévu initialement, mais l’accroissement des exigences des régulateurs a nécessité la mise en place de data-centres au plus haut niveau de sécurité», précise Hicham Jaballah, directeur général de NICE.

Concrètement, la V1 unifie déjà certains procédés, comme l’entrée en relation, le crédit dématérialisé, la gestion des réclamations, ou la gestion téléphonie sous IP, c’est-à-dire l’intégration du téléphone dans le système informatique. Cette dernière marque la première étape vers le multicanal intégral, l’un des objectifs de NICE.

Le projet doit également permettre de réduire de 30% en cinq ans le coût de l’informatique pour les caisses, pour un investissement de 500 millions d’euros. Leur budget informatique cumulé a atteint 750 millions en 2010. Il devrait être réduit à 500 millions à compter de 2014. Sur les 2.500 salariés des caisses travaillant dans les ex-SIR, près de 1.500 sont affectés à CA Technologies et CA Services, tandis que 350 seront les relais du système dans les caisses et 150 seront reclassés localement. 500 départs en retraite sont programmés.

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