Le Crédit Agricole d’Ile-de-France anticipe une baisse de 20% du crédit immobilier en 2012
Nous ferons preuve de prudence dans nos investissements». C’est ainsi que Pascal Célérier, directeur général du Crédit Agricole d’Ile-de-France (Cadif), a entamé hier l’exposé de la stratégie de la caisse régionale, première du groupe, en 2012. Le Cadif anticipe en effet une baisse de l’ordre de 20% dans la réalisation de crédits à l’habitat. «Les prix de l’immobilier nous semblent surrévalués de 25% à 35% en Ile-de-France», déclare Pascal Célérier, qui mentionne notamment la fin des dispositifs fiscaux et le décalage croissant entre le niveau du marché et le revenu disponible des ménages.
Pour les autres segments de produits, le Cadif fait preuve d’un optimiste mesuré: «Nous anticipons le maintien de la demande de crédit à la consommation, ainsi qu’une demande encore assez vive de nos clients professionnels, agriculteurs et PME. Les grandes entreprises ont moins recours au crédit bancaire et privilégient des instruments de marché, comme les obligations», indique Bertrand Chevallier, DG adjoint. Plus généralement, le Cadif prévoit une croissance des crédits de 1% et de la collecte de 3% en 2012, avec un résultat brut d’exploitation (RBE) stable.
Alors que le montant des provisions pour coût du risque a reculé de 16% en 2011, à un niveau historiquement bas pour la caisse (50,6 millions d’euros), la prudence pour 2012 se mesure aussi à sa politique de provisions pour créances douteuses. Celle-ci a créé trois nouvelles «filières», consacrées à la cimenterie, au secteur maritime, et, ce qui ne surprendra pas, à l’habitat en Ile-de-France – pour lequel 20 millions d’euros ont été mis de côté.
A contrario, la caisse a enregistré des résultats meilleurs que prévu l’année dernière. Les encours de crédit ont progressé de 1,8% (à 27,9 milliards) et les encours de collecte sont restés stables (-0,1% à 46,5 milliards). Le produit net bancaire (PNB) a progressé de 3,4% à 953 millions d’euros, tandis que le RBE s’est adjugé 2,6% (à 499 millions). Le bénéfice net part du groupe progresse de 304 millions.
Mais en 2012, la caisse ne touchera pas de dividende de Crédit Agricole SA, la structure cotée du groupe – déficitaire en 2011. Cet élément pèsera sur les revenus de portefeuille pour l’ensemble des caisses régionales du groupe.
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