Le Crédit Agricole axe son plan 2016 sur la recherche d’efficacité
Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit Agricole SA (CASA), l’organe coté, a d’emblée annoncé la couleur à l’occasion de la conférence de presse de présentation du plan 2016 du groupe Crédit Agricole : «Il ne s’agit pas de surprendre, mais de confirmer, de conforter» la stratégie de la banque verte, après la profonde transformation qu’elle a subie ces dernières années, entre la crise financière de 2007-2008 et celle de la zone euro en 2011.
Après le recentrage draconien opéré autour de la banque et l’assurance de proximité, les prévisions de croissance du produit net bancaire (PNB) du groupe sont particulièrement modestes : +1% par an environ pour les caisses régionales (soit un PNB de 15,5 milliards d’euros en 2016) et +2% pour le groupe Crédit Agricole - dont +2,5% pour CASA (qui intègre les filiales métiers comme la banque de financement et d’investissement CA CIB, le gestionnaire d’actifs Amundi et l’assurance). A titre de comparaison, BNP Paribas anticipe une progression annuelle de ses revenus - déjà considérée comme peu ambitieuse - de 3,5% au cours de la même période.
Il faut en outre souligner que la (modeste) croissance du groupe Crédit Agricole ne provient pas du cœur de son moteur (les caisses régionales) : elle sera essentiellement portée par le réseau international (+7% par an, notamment en Italie et en Pologne) et l’assurance (+6% de chiffre d’affaires, soit +4% reconverti en PNB). Le plan anticipe une croissance du PNB de 3% pour CA CIB (notamment grâce aux activités sur les marchés obligataires, avec un rendement des fonds propres tangibles de 12%) et de 2% pour Amundi.
La filiale de gestion compte atteindre 1.000 milliards d’euros d’actifs sous gestion (contre 777 milliards fin 2013), dont un tiers par croissance organique et deux tiers via des acquisitions «si les conditions sont réunies», précise Jean-Paul Chifflet. S’il a refusé de citer des cibles potentielles, une source haut placée a confirmé à L’Agefi que le dossier Pioneer serait regardé de près si UniCredit se décidait à mettre sa filiale de gestion en vente. En revanche, aucune acquisition à attendre dans les autres métiers du groupe.
En réalité, c’est surtout sur l’efficacité que se concentre ce plan à moyen terme. En deux mots : économies et synergies. En plus des réductions de coûts prévues à l’origine par les programmes MUST et NICE (au niveau des caisses), 410 millions d’euros de nouvelles baisses de charges ont été identifiées. Ce sont en tout 950 millions d'économies qui sont attendues d’ici à 2016, de quoi réduire le coefficient d’exploitation du groupe de 2 points (à 60%) et celui des caisses de 3 points (à 54%).
En terme de synergie, le groupe veut accélérer les collaborations entre ses différents métiers, dont l'épargne et l’assurance constitueront le socle. Alors que les synergies de revenus ont généré 7,2 milliards de PNB en 2013, elles seront augmentée de 850 millions en 2016.
Ces mesures devraient donc permettre au Crédit Agricole de voir sa rentabilité progresser à un rythme plus soutenu que ses seuls revenus : il prévoit un résultat net supérieur à 6,5 milliards d’euros en 2016, contre 5,14 milliards en 2013. Pour CASA, l’objectif est fixé à 4 milliards, soit un rendement des fonds propres tangibles de 12% (comme BNP Paribas). Ce coussin de bénéfices permet aux dirigeants d’envisager un taux de distribution des dividendes de 50% en 2016.
De quoi assurer une solvabilité confortable au groupe. L’objectif de ratio de fonds propres durs CET1 sous Bâle 3 a été fixé à 14% pour le groupe (contre 11,2% au 31 janvier 2014) et à 10,5% pour CASA (contre 8,3% aujourd’hui).
Des mesures plus détaillées seront communiquées aux analystes aujourd’hui.
Plus d'articles du même thème
-
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsQuand les entreprises entrent dans le débat public
Face au désert intellectuel et aux menaces politiques, les entreprises se résolvent à intervenir pour promouvoir un discours sur une compétitivité retrouvée et, dès lors, sur une action publique probablement plus restreinte -
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari -
Canicule : malgré la baisse de la chaleur, les effets sanitaires « restent devant nous », prévient l'exécutif
Dans les hôpitaux, « un plateau haut va s’installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées) », constatent les services du Premier ministre, samedi 27 juin. On compte 37 départements en vigilance rouge canicule ce jour, soit moins qu’hier