Le Comité de Bâle campe sur ses positions
Le ton est courtois mais les divergences demeurent. Auditionné hier par la commission des finances du Sénat, le secrétaire général du Comité de Bâle, William Coen, a assuré avoir «bon espoir que nous arrivions à un accord» sur la finalisation de la réforme des règles bancaires. Mais la question de l’instauration d’un niveau plancher (output floor) de fonds propres à mettre en face des actifs pondérés par le risque calculés avec un modèle interne, et qui avait provoqué le report d’une réunion cruciale du Comité de Bâle début janvier, reste toujours aussi clivante.
William Coen n’en démord pas : «l’ouput floor est un point extrêmement important». «Il existe un malentendu sur ce que doit être le rôle de ce plancher : sa nécessité avait été affirmée dès 2009», ajoute l’Américain, pour qui seul le calibrage de ce «floor» reste à finaliser. Aux sénateurs qui l’interrogent sur les éventuelles études d’impact menées en amont par le Comité de Bâle, William Coen assure que l’institution «ne va pas imposer un plancher au hasard». «Nous avons des armées de statisticiens, nous testons toutes sortes de scénarios. Le travail est très finement calibré, les banques le savent, elles seront satisfaites et rassurées», assure-t-il.
La prochaine réunion du Comité de Bâle est prévue les 1er et 2 mars, avec quatorze points à l’agenda. Dont le calibrage du «floor» par rapport aux exigences calculées en approche standard, et la durée de la période de transition. «On pourrait avoir un plancher inférieur à 80%, plutôt 70% ou 75%, et une application progressive de 2021 à 2024 ou 2025», confie une source proche des discussions. Les ministres des Finances du G20 devraient discuter du dossier les 17 et 18 mars en Allemagne.
Edouard Fernandez-Bollo, le secrétaire général de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), semble sceptique. Le régulateur a rappelé son souhait d’un accord «raisonnable et compatible avec le maintien des spécificités des systèmes bancaires à bas risque». La gouvernance du Comité de Bâle, parfois accusé en Europe de promouvoir le modèle bancaire américain au moment même où l’administration Trump prône la dérégulation, a aussi animé les débats. «Techniquement, la transparence du Comité de Bâle s’est accrue, mais il n’y pas de traduction politique», estime Edouard Fernandez-Bollo. «Il y a un soutien très fort des Etats-Unis [au ‘floor’, ndlr], reconnaît William Coen, mais également d’autres pays.»
Plus d'articles du même thème
-
Les grands risques sont aussi des opportunités d'investissement pour le secteur financier
Les risques géopolitiques, l’intelligence artificielle et le changement climatique se cumulent et mettent à l’épreuve la stabilité financière, mais banques et assurances travaillent sur les manières de les gérer, sous l’œil prudent de l’ACPR. -
Les hedge funds américains veulent un accès plus large aux futures sur la dette de l’UE
Les associations de fonds spéculatifs soutiennent une initiative du gendarme américain des marchés visant à assouplir les règles de supervision qui limitent leur accès aux contrats à terme sur les obligations émises par l’Union européenne (UE). Eurex et les dirigeants européens y seraient également favorables. -
L'Efama appelle les eurodéputés à rejeter la stratégie d'investissement de détail
Les parlementaires européens doivent voter, jeudi 12 novembre, le texte final de niveau 1 qui étendra entre autres l'introduction du mécanisme de rapport qualité-prix Value for Money à tous les produits financiers.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionSanté : comment la concurrence des complémentaires peut sauver l'assurance maladie
Cécile Philippe : « L’accusation de frais trop élevés reste peu étayée, car il faudrait pouvoir les comparer à ceux de la Sécu, qui les sous-évalue, et intégrer le coût de la non-qualité » -
CoulissesPrésidentielle : Emmanuel Macron en guerre contre l'esprit de défaite
Comment éviter la tenaille RN-LFI ? Le Président a un scénario, il en parle à ses interlocuteurs -
Gouvernement, syndicats, candidats… Qui dit quoi sur l’augmentation du smic ?
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, est favorable à une augmentation du salaire minimum à 1 500 euros nets. Les syndicats demandent une revalorisation plus ambitieuse