-
EXCLUSIF
- Banque
Le CCF a perdu une centaine de millions d’euros l’an dernier
C’est en toute discrétion que le CCF a dévoilé ses résultats annuels le 14 février sur son site internet. Une présentation aux investisseurs publiée alors que la banque française a lancé, ce lundi, un projet d’émission obligataire de 250 millions d’euros piloté par Goldman Sachs, Jefferies, JPMorgan et Natixis.
L’exercice écoulé s’est soldé par une perte avant impôt, hors éléments exceptionnels, de 104 millions d’euros. Le produit net bancaire de la banque a, lui, atteint 809 millions d’euros. L’année était particulière, ce qui interdit les comparaisons avec les précédentes. Le 1er janvier 2024, l’ancien réseau d’agences de HSBC en France a rejoint, migration informatique à l’appui, le groupe où figurait déjà My Money Bank. Le fonds Cerberus, actionnaire à 100% de l’ensemble, a ressuscité pour l’occasion l’enseigne de l’ex-Crédit commercial de France. Au passage, l’acquéreur a réalisé un gain exceptionnel de près de 2,3 milliards d’euros en reprenant les actifs de HSBC sous leur valeur comptable.
Sur le plan opérationnel, le CCF revendique «des revenus au-dessus du plan et une stricte discipline sur les coûts» l’an dernier. Il annonce une collecte nette positive dans ses activités de gestion de fortune et une croissance de 1,4 milliard d’euros de ses actifs sous gestion. La banque évoque «une tendance favorable des revenus grâce à une dynamique commerciale soutenue, et appuyée par le déploiement du portefeuille d’investissement, les revenus de l’assurance et la baisse du coût des dépôts». Grâce aux activités héritées de HSBC, elle a notamment gagné 18,6 milliards de dépôts et dispose de plus de 5 milliards de liquidités excédentaires à réinvestir.
A lire aussi : Venez débattre de l'avenir des banques européennes le 27 mars à Banques 2030
Réorganisation juridique en vue
L’année 2025 sera tout aussi studieuse que la précédente. Début décembre, le groupe a annoncé un plan d’économies drastique. Le nombre de salariés devrait tomber de 4.000 à environ 2.500, et un bon tiers des 235 agences devraient fermer, pour ne laisser que 140 à 160 points de vente.
C’est le prix à payer pour devenir, selon l’ambition du CCF, la «banque patrimoniale de référence», réduire de 200 millions d’euros par an le niveau structurel des charges d’exploitation, et atteindre les objectifs à moyen terme fixés par son actionnaire. A l’horizon 2027, le groupe, qui comprend également les activités de financement spécialisé de My Money Bank, vise des revenus supérieurs à 800 millions d’euros – soit leur niveau actuel – mais des charges ramenées autour de 500 millions et une rentabilité des fonds propres supérieure à 10%. Sachant qu’il est déjà bien capitalisé avec un ratio de fonds propres durs (CET1) de 16,6%.
Un changement de structure juridique est aussi au programme, si les superviseurs bancaires le valident. Aujourd’hui, le CCF et My Money Bank sont des sociétés sœurs, rassemblées sous une holding commune, CCF Holding. Il est prévu que l’entité opérationnelle du CCF devienne la structure de tête et contrôle My Money Bank, qui porte les activités de financement spécialisé.
A lire aussi : Matmut paie le prix fort pour acquérir HSBC Assurances vie France
Plus d'articles du même thème
-
La BRI se penche sur les bonus bancaires et suggère des malus
L'analyse des perturbations de 2023 et les faillites du Credit Suisse et de la Silicon Valley Bank montrent que tous les enseignements de la crise de 2008 n'ont pas été tirés, estime une note de la Banque des règlements internationaux. -
La directrice financière de HSBC quittera son poste en 2027
Pam Kaur a décidé de ne pas renouveler ses fonctions pour poursuivre d’autres opportunités. Elle assumera un rôle de conseillère auprès du directeur général Georges Elhedery. -
BPCE veut gagner en poids dans l’immobilier
Déjà campée sur de très solides positions dans le marché du crédit à l’habitat, la banque veut accompagner les Français dans l’ensemble de leurs parcours immobiliers. Elle entend aussi soutenir le marché et les acteurs du secteur.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
- La BCE attise la flambée des taux
Contenu de nos partenaires
-
Pot de fleurPourquoi l'armée égyptienne ne réagit pas à la menace houthie sur le canal de Suez
Les Houthis, après leurs récentes avancées, ont plus que jamais la possibilité de perturber le trafic du canal de Suez, qui est une source majeure de revenus pour l'Egypte -
Vertige« On va dans le mur » : la France dans la tenaille des taux d’intérêt
L’ensemble des taux d’intérêt mondiaux grimpe depuis des mois. Mais ceux de la France plus vite encore, résultat de la méfiance qu’elle inspire aujourd’hui sur les marchés -
EditoDette française : la spirale fatale des marchés
La vitesse à laquelle dérapent les taux infligés à la France est le signe que nos prêteurs sont en train de perdre patience envers un pays qui ne respecte jamais ses engagements et qui entre dans l’inconnu d’une campagne présidentielle aux forts relents d’irrationnel