L’avance d’actionnaire du Crédit Foncier sera majoritairement convertie en capital prudentiel
Le fait que le Crédit Foncier porte la quasi-totalité de l’exposition de BPCE à la dette d’Etat grecque, soit 1,2 milliard d’euros, a créé la surprise jeudi dernier. La filiale a subi l’essentiel de la dépréciation de 784 millions passée par son actionnaire au troisième trimestre, ce qui a plongé ses comptes dans le rouge. Si BPCE n’a pas souhaité préciser le montant de la perte, «l’activité récurrente du Crédit Foncier est restée bénéficiaire», assure à L’Agefi Nicolas Duhamel, directeur général aux finances du groupe.
La perte a obligé BPCE à procéder à une avance d’actionnaire de 500 millions d’euros pour renfoncer les fonds propres de sa filiale. Approuvée mercredi par le conseil de surveillance, «c’est une opération classique de gestion de capital interne au groupe», rappelle Nicolas Duhamel.
Mais ce n’est pas une première pour le Crédit Foncier: une avance de 470 millions avait déjà été décidée en août et mise en place en septembre. Déconnectée de la crise grecque, elle visait déjà à renforcer ses fonds propres; ceux-ci avaient été jugés faibles par le groupe… et par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Aujourd’hui, «les fonds propres prudentiels tier one du Crédit Foncier sont supérieurs à trois milliards d’euros, avances d’actionnaire comprises», précise Nicolas Duhamel.
Toutefois, une avance n’a pas vocation à demeurer en l’état. Son remboursement, sujet à intérêt, dépend de la capacité de l’entité concernée à démontrer au régulateur qu’elle a les reins suffisamment solides. Or, le Crédit Foncier ne sera pas en mesure de reconstituer ses fonds propres d’ici à la fin de l’année à hauteur des avances.
Il reste la possibilité de convertir les virements en capital. «BPCE a souhaité attendre l’examen du plan stratégique à moyen terme du Crédit Foncier avant de statuer sur la conversion de tout ou partie de l’avance en capital tier one», indique le directeur. Ce qui sera fait avant la fin de l’année et devrait concerner la très grande majorité de la somme.
L’opération peut-elle se reproduire? La filiale est aussi exposée à la dette d’Etat italienne. L’exposition de BPCE à l’Italie, logée dans le banking book (non sujet à la mise en valeur de marché), se monte à 3,2 milliards d’euros. «Contrairement aux titres grecs, une partie seulement de l’exposition du groupe BPCE à la dette souveraine italienne est logée au sein du Crédit Foncier», précise le directeur, sans en préciser la proportion.
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