L’assurance des grands risques d’entreprises prévoit une remontée des tarifs

Pour l’heure, les hausses de prix se sont surtout concentrées dans certaines activités et sur les zones exposées aux catastrophes naturelles
Thomas Carlat

Les prix de l’assurance des grands risques d’entreprises devraient repartir à la hausse. Telle est la conclusion de la profession à l’issue de la conférence sur l’état du marché organisée hier lors des rencontres de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise).

Augmenter les tarifs peut sembler une nécessité après une année marquée par une conjonction d’événements défavorables. «2011 a été une année exceptionnelle», a observé Jeff Moghrabi, directeur général France d’ACE Europe. Les assureurs ont subi de plein fouet un niveau record de catastrophes naturelles (105 milliards de dollars de dommages assurés dans le monde), des taux d’intérêt historiquement bas et une forte volatilité sur les marchés financiers. Autant d'éléments qui ont un impact sur la rentabilité des compagnies.

«Depuis 2008, le rendement sur fonds propres des assureurs se situe entre 3% et 7%, a indiqué Jeff Moghrabi. Il était autour de 14% à 15% auparavant.» Dans un tel contexte, les compagnies anticipent donc une augmentation des tarifs sur les grands risques d’entreprises. «Depuis 2004, les tarifs ont diminué de 5% à 10% en moyenne, a observé Philippe Jouvelot, directeur souscription IARD d’Axa Corporate Solutions. D’un point de vue macroéconomique, les prix vont donc remonter, même si personne ne veut de hausses brutales.»

Pour l’heure, force est de constater que les premières tendances observées fin 2011 par l’Amrae ne témoignent pas d’un retournement des prix, les hausses tarifaires étant concentrées dans certaines branches d’activités et sur les zones exposées aux catastrophes naturelles. Ainsi, en responsabilité civile, les prix sont orientés à la baisse de l’ordre de 5% à 10% pour les affaires non sinistrées. Un constat qui vaut aussi pour la branche transport où la profession note une baisse des tarifs sur les affaires nouvelles de 5% à 10%.

En revanche, en assurances dommages, les comptes exposés aux événements naturels ont été renouvelés avec une majoration de l’ordre de 3% à 5%, les affaires sinistrées subissant des hausses comprises entre 15% et 20%. De même, le marché est particulièrement tendu pour l’assurance des flottes automobiles. Les hausses de prix sont situées entre 2% et 9 % sur les affaires présentant de bons résultats. Les assureurs ont eu la main plus lourde sur les flottes sinistrées, les hausses pouvant aller jusqu'à 100%.

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