L’appel au marché de Deutsche Bank se fera avec une décote importante
L’ardeur de Deutsche Bank à promouvoir son augmentation de capital de 8 milliards d’euros auprès des investisseurs ne suffira pas à empêcher une forte décote pour le prix d’émission qui doit être fixé aujourd’hui. Selon des intervenants de marché interrogés par Reuters, le prix de l’émission devrait être compris entre 21 et 21,50 euros par action.
Un prix de 21 euros représenterait une décote de 32% par rapport au cours de clôture de l’action avant l’annonce de l’augmentation de capital et d’environ 27% par rapport au prix théorique tenant compte de la dilution liée à l'émission des nouveaux titres. Après la fixation du prix, le droit de souscription pourra être échangé à Francfort, l’offre étant close le 24 juin.
Ce prix de 21 euros serait proche du niveau plancher permettant à Deutsche Bank d’atteindre les objectifs assignés à l’opération. La banque veut en effet lever 6,3 milliards d’euros et placer 1,75 milliard supplémentaire en actions auprès d’un membre de la famille royale du Qatar. Au moins la moitié du montant levé sera destiné à combler les besoins en fonds propres de Deutsche Bank, liés au durcissement de la réglementation bancaire depuis la crise, précise Reuters qui cite des sources internes à l’établissement. Le reste lui permettra de développer son activité de banque d’investissement, notamment aux Etats-Unis, où le repli de concurrents comme Barclays ou UBS devrait lui permettre de se renforcer sur le marché obligataire.
La perspective d’une levée de fonds dilutive explique la chute de 15% de l’action Deutsche Bank depuis le début de l’année, à comparer à une hausse moyenne de 4% pour l’indice des valeurs bancaires en Europe. Les investisseurs semblent néanmoins avoir bien accueilli l’augmentation de capital, en jugeant qu’elle apaiserait les inquiétudes sur les fonds propres de la première banque allemande pendant au moins un an, le temps que les co-présidents du directoire, Anshu Jain et Jürgen Fitschen, mènent à bien le plan de redressement.
«Il y a un certain soulagement à voir qu’ils ont finalement décidé de se lancer», commente David Moss, responsable actions chez F&C Asset Management, en ajoutant que les montants levés «semblent suffisamment importants pour les placer dans une situation qui paraît satisfaisante». La banque a en outre promis d’importantes réductions de coûts qui devraient stimuler la croissance de ses résultats dans les années à venir.
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