L’AMF pointe du doigt le contrôle des risques de SGAM et SGAM AI durant la crise de 2007
C’est un dossier déjà ancien que la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de refermer, sous réserve d’un éventuel recours. L’instance a décidé d’infliger à Société Générale Asset Management (SGAM), qui forme aujourd’hui Amundi avec CAAM, une sanction pécuniaire d’un million d’euros pour sa gestion du risque défaillante lors de la crise de 2007. A l'époque, la société évolue dans le giron du groupe Société Générale.
A la suite de la crise de liquidité de l'été 2007, SocGen met en place une cellule de crise, comprenant des membres de la direction des risques et de la conformité de SGAM. Il lui revient notamment la charge de proposer à un comité de crise des mesures opérationnelles. C’est ainsi qu’est notamment décidé le transfert massif d’actifs illiquides via le conduit interne (Gop Liquid). Cette collusion entre contrôle des risques et gestion opérationnelle de la crise figure au cœur des griefs des superviseurs.
Il est ainsi reproché à SGAM «de ne pas avoir préservé l’indépendance de la fonction de contrôle des risques, qui se serait éloignée de sa fonction originelle pour s’impliquer, aux côtés des équipes opérationnelles, dans la prise de décisions de gestion concernant des activités à haut risque (...)», écrit la Commission des sanctions dans sa décision. «(...) Les éléments du dossier montrent qu’ils [les responsables de la filière risques] ont été étroitement associés, à plusieurs moments clés, à la procédure de détermination du prix de cession des actifs au Gop Liquid», souligne-t-elle.
Dans le volet SGAM AI, un acteur désormais intégré à Lyxor (Société Générale), la sanction est chiffrée à 1,5 million d’euros. En charge de la gestion alternative, la société pilotait notamment des fonds monétaires et monétaires dynamiques. Là aussi, les manquements portent sur un défaut d’organisation des fonctions risques et conformité, «illustré par les dépassements prolongés des ratios et leurs modalités de régularisation». S’y ajoutent une gestion défaillante des conflits d’intérêts, matérialisée notamment par le financement de SGAM Banque à partir des OPCVM gérés par SGAM AI, ainsi qu’une atteinte à l'égalité des porteurs et à leurs intérêts, en particulier en raison de la survalorisation de certaines valeurs liquidatives des OPCVM.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle