L’Allemagne se tient prête à voler au secours de Commerzbank
Comment se procurer au moins trois milliards d’euros dans un contexte de marchés déprimés sans solliciter une nouvelle fois l’aide de l’Etat? Pour Martin Blessing, le patron de Commerzbank, le meilleur moyen d’y parvenir serait une cession rapide de sa filiale immobilière Eurohypo, chargée d’actifs à risques comme la dette grecque et italienne. A l’issue de la réunion du conseil de vendredi, l’un des directeurs de Commerzbank a estimé qu’une vente d’Eurohypo allégerait les besoins de capitaux du groupe de quelque cinq milliards d’euros, soit le montant dont la seconde banque allemande aurait besoin au pire pour se conformer aux nouvelles règles de solvabilité à partir de l’été prochain.
A défaut d’un acheteur privé Commerzbank étudie donc la possibilité de réactiver le fonds de secours aux banques, SoFFin, mise en place par l’Etat allemand en 2008, pour qu’il prenne le contrôle d’Eurohypo. A la Bourse de Francfort la nouvelle a été saluée par une hausse du cours de Commerzbank de quelque 10% vendredi. Mais selon le magazine Der Spiegel à paraître aujourd’hui, Berlin aurait d’ores et déjà refusé cette solution, préférant relever sa participation dans Commerzbank de 25% à l’heure actuelle à plus de 50%. Commerzbank serait alors la seconde banque allemande, après Hypo Real Estate à tomber dans l’escarcelle de l’Etat, au grand dam de Martin Blessing qui a promis de se procurer les capitaux manquants à l’aide d’investisseurs privés.
Aucune décision définitive n’a encore été prise mais il est d’ores et déjà acquis que l’un des actionnaires principaux de Commerzbank, l’assureur Allianz, refuse de participer à une éventuelle augmentation du capital, en transformant une participation tacite de 750 millions d’euros en actions. Une autre possibilité, discutée vendredi, serait de proposer aux détenteurs de capitaux hybrides comme les obligations et les certificats de jouissance de les transformer en actions.
Cette mesure permettrait à Commerzbank de lever entre cinq et six milliards d’euros, estiment les experts. Ces moyens s’ajouteraient à la cure d’austérité que la banque a déjà annoncée en novembre. Du pain sur la planche donc pour le nouveau directeur financier, Stephan Engels, dont la nomination a été annoncée vendredi. Ancien directeur des finances de Daimler, Stephan Engels remplacera à partir d’avril prochain Eric Strutz qui quittera la banque pour des raisons personnelles.
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