L’affaire des prêts indexés sur le franc suisse de BNP Paribas rebondit
L’affaire des emprunts indexés sur le franc suisse opposant BNP Paribas à plusieurs dizaines de particuliers prend une tournure politique. Dans le cadre du projet de loi visant à renforcer la protection des consommateurs, le Sénat a voté jeudi dernier l’amendement du sénateur-maire (socialiste) de Saint-Etienne Maurice Vincent: celui-ci interdit de proposer aux particuliers des prêt exprimés dans une monnaie et remboursables dans une autre. Le député fait explicitement référence au contentieux.
Adopté contre l’avis du gouvernement, par un Sénat d’opposition, cet amendement a un avenir incertain. La position du ministère de l’Economie et des Finances n’étant pas connue, il peut autant être modifié que retoqué. Sans compter que «le lobby bancaire n’est pas encore entré en action», confie un témoin.
En tout cas, la pression sur BNP Paribas ne retombe pas. L’avocat représentant les membres du Collectif des victimes Helvet Immo a déposé 50 plaintes au tribunal de grande instance (TGI) de Paris, en plus des huit déjà déposées le 25 novembre dernier, contre BNP Paribas Personal Finance, la filiale responsable des prêts. Maître Charles Constantin-Vallet affirme en avoir encore entre 30 et 40 en préparation. Le collectif revendique 300 membres, ayant souscrits des prêts compris entre 100.000 et 200.000 euros.
Le motif de la plainte repose sur le défaut d’information dont auraient été victimes les emprunteurs concernant spécifiquement le risque de change associé à ces prêts. Cette position diffère donc de celle de l’Association française des usagers des banques (Afub), qui envisage elle d’assigner BNP Paribas devant le tribunal de commerce de Paris. Estimant que l’argument de la mauvaise information a peu de chance d'être entendu, l’Afub préfère s’appuyer sur le Code monétaire et financier, qui «n’admet les indexations que si elles sont en relation directe avec l’objet de la convention ou avec l’activité de l’une des parties».
L’avocat du collectif estime au contraire que dans une jurisprudence de 2001, la Cour de cassation précise que le prêt en devise étrangère est conforme pour une banque ayant des activités sur les marchés de change. En attendant de connaître la stratégie payante, BNP Paribas semble encerclé. D’autant plus qu’«il est d’usage que le parquet saisisse la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans le cas d’un dépôt de plainte relatif au droit des consommateurs», précise Charles Constantin-Vallet.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle