L’ACPR et les banques françaises se préparent à la revue des actifs
La prochaine revue des actifs des banques européennes (asset quality review ou AQR) n’effraie pas seulement les principaux concernés. Comme les autres régulateurs nationaux, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) va devoir travailler dur pour mener à bien cet exercice inédit, prélude aux prochains tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne (EBA).
Le régulateur français a notamment lancé un appel d’offres pour s’adjoindre les services d’un cabinet de conseil, lors des différentes phases de contrôle des bilans bancaires. «La BCE a recours à un cabinet, l’ACPR fera de même», a annoncé Nicolas Péligry, directeur adjoint des affaires internationales de l’ACPR, devant un parterre de banquiers réunis hier chez Deloitte pour une conférence consacrée à la régulation.
L’ACPR devrait faire son choix ce mois-ci, parmi une dizaine de candidats. Selon une source proche du dossier, le cabinet Oliver Wyman serait bien placé. Il a déjà été choisi par la Banque centrale européenne pour examiner, au niveau paneuropéen, les segments jugés sensibles comme les prêts aux PME, le financement maritime ou les portefeuilles d’immobilier commercial.
Les équipes de l’ACPR seront bien sûr en première ligne. «Aujourd’hui nous avons entre 120 et 150 personnes qui font des contrôles sur place (dans les banques, ndlr). L’essentiel des moyens sera consacré à l’AQR», précise Nicolas Peligry. La méthode de la BCE n’est pas encore connue, mais la sélection des portefeuilles de prêts et la collecte des données a, selon lui, «commencé en novembre» et durera jusqu’en janvier. Puis ces portefeuilles seront contrôlés «presque ligne à ligne» jusqu’en juin pour valider les données, constituer des échantillons représentatifs, évaluer les expositions et ajuster les risques pondérés des actifs.
Pour ce chantier titanesque, «comment va être géré le volume de données sur 13 groupes représentant 95% du secteur bancaire français, avec la volonté de couvrir 50% des actifs ? Il y a une zone d’incertitude», pointe Nicolas Fleuret, directeur risk advisory chez Deloitte. Il prédit que «le niveau de granularité à fournir sera très important», comme le montrent les chantiers déjà menés dans des pays en crise. En Slovénie, il fallait selon lui mobiliser une personne pendant une journée pour l’analyse de l’exposition d’une banque à un seul grand corporate. Et la même chose pour trois PME ou 10 dossiers de banque de détail.
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