La vente de Denizbank pâtit des doutes sur le secteur bancaire turc
La vente de Denizbank, élément important du démantèlement de Dexia, aura-t-elle lieu? Le directeur général de la filiale turque de l’établissement franco-belge, Hakan Ates, a annoncé hier que le processus pourrait être annulé si les offres se révélaient insuffisantes.
Cette déclaration a probablement une dimension tactique. En octobre dernier, Dexia avait mandaté Bank of America pour étudier l’opération. Mais le processus est plus compliqué que prévu, faute d’appétit. Qatar National Bank, détenue à 50% par Qatar Investment Authority, a répondu dès le mois d’octobre, confirmant des négociations avec Dexia. D’autres banques auraient manifesté leur intérêt, mais elles semblent avoir depuis jeté l’éponge – même si aucune déclaration officielle n’est venue confirmer ces discussions.
Ainsi, les noms de HSBC et de Sberbank ont été cités. Mais l’établissement britannique aurait finalement abandonné la partie, certains médias du Royaume-Uni évoquant le manque d’informations disponibles. La première banque russe se serait également retirée, pour d’autres raisons: elle mène déjà l’intégration du courtier Troika Dialog, et l’acquisition de VBI, la branche de l’autrichienne Volksbank pour l’Europe orientale, prend elle-même du retard.
Mais d’autres raisons, plus fondamentales, peuvent expliquer la prudence des candidats. En effet, la santé de l’économie turque suscite des questions. «Son atterrissage en douceur n’a pas encore eu lieu, contrairement aux déclarations de la Banque centrale. […] Il reste à savoir si elle a suffisamment de carburant (les réserves de change) pour tenir jusqu’au redressement de la zone euro», explique Akin Tuzun, analyste chez Wood & Company.
Ce spécialiste des banques turques prévoit une année 2012 difficile pour le secteur, dont les provisions pourraient amputer les bénéfices de 25 à 30%. En outre, Ankara entend contrôler à la fois l’inflation, les taux d’intérêt et la lire, alors que l’économie turque dépend fortement des capitaux extérieurs. Il a adopté à cet effet une politique de double taux qui ne favorise pas la visibilité du secteur.
Du coup, les valorisations des banques turques paraissent bien optimistes à certains. Wood & Company estime qu’elles cotent avec une prime de 20% par rapport à leur PER (ratio cours sur bénéfice) moyen estimé pour 2012. En clair, Dexia ne pourra pas espérer récolter les 6 milliards de dollars évoqués par la presse.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle