La Société Générale veut mêler croissance organique et externe en Europe
Un trésor de guerre de 4 milliards d’euros. C’est la manne que la Société Générale espère pouvoir consacrer, d’ici à fin 2016, à des rachats d’actions, à la croissance organique si elle atteint ses objectifs initiaux, mais aussi à la croissance externe. «Les acquisitions respecteront l'équilibre de notre allocation de capital, nos géographies, le profil de risque que nous avons retenu (...) et on peut donc considérer des acquisitions qui feront du sens en termes de synergies, de coûts, de revenus, a précisé hier Frédéric Oudéa, PDG du groupe, en présentant son nouveau plan stratégique. Par exemple en banque de détail et en banque privée en Europe, nous ne nous interdisons pas de regarder des choses.»
Il n’y aura «pas d’opération transformante», a prévenu Frédéric Oudéa, mais la Société Générale pourrait opérer un virage après plusieurs années de maigres emplettes. Hormis le rachat raté d’actifs de RBS Sempra dans les matières premières, le groupe a seulement renforcé ses positions dans ses propres filiales: la Banque Tarneaud, Rosbank en Russie, Boursorama, et enfin Newedge contre la cession de 5% supplémentaires d’Amundi au Crédit Agricole. Elle a quitté la Grèce et l’Egypte, vendu son gestionnaire américain TCW et arrêté les services financiers spécialisés là où elle n’a pas de réseau local, donc pas de dépôts (Ukraine, Hongrie...).
S’ajoute à cette liste la cession de sa banque privée en Asie. Le groupe veut concentrer le métier en Europe mais les acquisitions promises par le passé n’ont pas été réalisées, alors que la consolidation a commencé au Luxembourg (vente de la BIL par Dexia), en Suisse (Sarasin et les activités locales de Morgan Stanley reprises par Safra, celles d’ABN Amro et Lloyds par UBP), mais aussi en France où La Banque Postale a racheté la BPE. En banque de détail, la Société Générale pourrait faire des acquisitions en Europe de l’Est, marché en faible croissance mais toujours fragmenté. Deuxième acteur en Roumanie et troisième en République tchèque, le groupe est, là encore, resté spectateur des dernières opérations (BGZ acquis par BNP Paribas en Pologne).
Son enveloppe de 4 milliards fait partie des 13 milliards d’euros de ressources supplémentaires qu’il espère sous trois ans, principalement grâce à la génération des bénéfices. La croissance ciblée des encours pondérés (4 milliards) sera prioritaire, tout comme les dividendes (5 milliards) dont le taux de distribution passera de 27 % en 2013 à 50%.
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