La Société Générale pilote son cours de Bourse avant de possibles pertes
A l’occasion de son dîner d’adieu avec les analystes sell-side, «Bertrand Badré a calmé le jeu face à la hausse récente du titre Société Générale », rapporte l’un des participants. Avant l’annonce des résultats définitifs le 13 février, le directeur financier de la Société Générale, quipartira en mars à la Banque Mondiale, semble avoir préparé le marché à une perte nette au quatrième trimestre 2012. CM-CIC Securities l’estime à 140 millions d’euros, Natixis à 288 millions et CA Cheuvreux à 300 millions. «Il ne s’agit pas d’un profit warning», assure une source proche de la banque. Pourtant, « les éléments non récurrents pourraient peser pour plus d’un milliard d’euros sur les comptes du dernier trimestre », pointe l’analyste.
Au dernier trimestre, la réévaluation de la dette propre du groupe devrait coûter davantage que les 600 millions d’euros du troisième trimestre, et jusqu’à un milliard, selon les propos de Bertrand Badré rapportés par les analystes. Au-delà de cet élément très fluctuant, la Société Générale va surtout déprécier une partie des 384 millions d’euros de survaleur de Newedge, le courtier de dérivés qu’il détient à parité avec Crédit Agricole SA (CASA). «Bertrand Badré n’a pas été très clair sur cette dépréciation. Elle ne sera pas intégrale ce trimestre, mais il n’a pas donné de montant», regrette un deuxième analyste. CA CIB, où la part dans Newedge était valorisée 808 millions d’euros fin 2011, ne commente pas.
Quoi qu’il en soit, la Société Générale va acter sa moins-value avant d’arbitrer, avec CASA, l’avenir de sa filiale. Celle-ci a annoncé mi-décembre une séparation de ses opérations d’exécution d’ordres, peu rentable, et de compensation de dérivés. Cette restructuration va se traduire par une baisse des coûts et la suppression de 16 % des effectifs (450 emplois). L’issue (vente à la découpe, introduction en Bourse) reste inconnue, mais en coulisse la Société Générale ne cache pas son intérêt pour l’activité de compensation.
Au-delà de ce dossier, «la première partie de l’année [2013] au moins sera encore une période de transition pour la Société Générale, écrit CA Cheuvreux. A plus long terme, nous n’arrivons pas à voir d’où pourrait venir la croissance, après le retournement en Russie et en Roumanie. Cela dépendra pour beaucoup de la force de la BFI».
En hausse de 18 % depuis le début de l’année, le titre Société Générale a clôturé hier à 32,54 euros, en baisse de 2,84 %.
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