La Société Générale confirme son redressement en Russie pour 2013
Malgré l’inculpation de l’ex-directeur général de Rosbank soupçonné de corruption, la Société Générale maintient les objectifs qu’elle s’est fixés en Russie et pour cette filiale détenue à 82,4%. Ce «cas particulier ne remet pas en cause notre stratégie», a expliqué Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, mercredi à Moscou. Cette posture ne doit pourtant pas masquer le fait que les ambitions du groupe pour ce qu’il considère comme un «marché cœur» tardent à se traduire dans les chiffres. Le français a investi plus de 3 milliards d’euros pour prendre pied sur ce méga marché. Fin 2012, son retour sur capital (RoE) a chuté à 8%, contre 12% en 2011. Mais il entend dépasser les 15% à horizon 2015.
2013 constitue une année charnière, l’essentiel de la réorganisation étant achevée. Sur le plan juridique, l’intégration sous la bannière de Rosbank des entités de banque de détail (BSGV et Rosbank) et le rattachement de deux filiales spécialisées en local (Rusfinance et DeltaCredit) sont effectifs. Le développement des activités d’assurance et de location longue durée, comme des activités de banque de financement et d’investissement (SG CIB), est en marche. La réorganisation commerciale et managériale est aussi en place, avec désormais un accent spécifique sur la gestion des risques supervisée depuis Paris.
Le groupe ne donne pas d’objectifs de résultats nets, mais rappelle ceux de l’an passé: 102 millions d’euros en Russie, dont 0,5 million pour Rosbank, et l’apport de l’action commerciale russe à SG CIB, évalué à 70 millions. Au premier trimestre, les proportions ont évolué avec 39 millions d’euros de résultat net en Russie, dont 19 millions issus de ses 620 agences bancaires.
«La Société Générale est en ordre de marche pour réaliser sa stratégie de croissance rentable, a insisté Frédéric Oudéa, et se positionner comme la banque universelle internationale leader en Russie.» Si ses revenus y ont déjà augmenté de 12% entre les premiers trimestres de 2012 et 2013, en parallèle d’une réduction des coûts de 4,4 %, le groupe doit encore améliorer son coefficient d’exploitation (69 % au premier trimestre 2013, contre 80 % un an plus tôt) et son refinancement (le ratio crédits sur dépôts était de 112% fin mars, contre 125% au premier trimestre 2012). Mais aussi, bien sûr, accélérer les synergies de revenus tant sur la clientèle des particuliers (3 millions au total) que celle des entreprises.
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