La Société Générale concrétise son implication dans Rosbank

En acquérant la participation de 10% que détenait VTB par échange d’actifs, l'établissement français détient désormais 92,4% de sa filiale russe
Antoine Landrot

En mai dernier, l’établissement russe VTB Bank avait rendu public son intention de céder sa participation de 10% dans Rosbank, la filiale de la Société Générale en Russie. Un accord-cadre a été annoncé hier; la transaction devrait être conclue au quatrième trimestre.

Montée au capital de Rosbank à partir de 2006, la Société Générale détiendra 92,4% de sa filiale à l’issue de l’opération. Ne restera plus qu’un actionnaire minoritaire: la holding russe Interros, actionnaire à hauteur de 7%. Reste un flottant symbolique inférieur à 1% du capital.

La Société Générale a payé la participation de VTB en lui cédant des titres cotés à la Bourse de Moscou, un portefeuille de crédits et des actifs immobiliers rendus libres par la restructuration en cours chez Rosbank. «Les différentes parties possédaient certains intérêts croisés que la transaction a permis de dénouer», indique-t-on du côté de la Société Générale. Des sources ont indiqué à L’Agefi que la participation de 3,5% de Rosbank au capital de la Bourse de Moscou faisait partie des actifs cédés – une information que les protagonistes n’ont pas voulu commenter. En juin, le patron de VTB avait manifesté son intérêt pour cette participation.

Aucun montant n’a été communiqué. Mais selon nos informations, il serait assez proche des 10% de la capitalisation boursière de Rosbank, qui représentaient 192 millions d’euros au 7 octobre. Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW, estime que les actifs ont subi une décote de 20% – qui coûterait à la SocGen environ 50 millions d’euros avant impôt. Le groupe a précisé que «la transaction aura un impact financier positif pour Rosbank et un impact limité sur le ratio [de fonds propres] core tier one du groupe».

En échange d’une participation lui conférant une influence somme toute limitée, VTB récupère des actifs plus liquides. Pour la Société Générale, «l’opération ne consomme pas de capital et réduit le bilan de Rosbank. Elle permet aussi de ne plus avoir un concurrent au capital. Le moment est en outre bien choisi: le cours de l’action Rosbank a chuté de moitié depuis de début de l’année», indique Jean-Pierre Lambert.

L’opération illustre aussi dans les faits l’ancrage de la Société Générale en Russie. En juin dernier, ses dirigeants avaient confirmé le rôle central que jouerait le marché russe dans la stratégie internationale du groupe, après plusieurs années difficiles et un plan de restructuration draconien.

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