La Société Générale chasse les coûts faute de relais de croissance
Le pari n’était pas gagné. En annonçant le 7 mai un plan d’économies de 900 millions d’euros à horizon 2015 qui s’ajoute aux 550 millions déjà engagés, le tout moyennant une charge de 600 millions, la Société Générale a vu son titre bondir de 5,68% dans la journée. Il est vrai que les réductions de coûts apparaissent aujourd’hui comme le plus sûr moyen d’améliorer la rentabilité de la banque, car ses relais de croissance semblent, eux, bien difficiles à cerner.
A 852 millions d’euros hors éléments exceptionnels, soit une baisse de 27% sur un an, le résultat net du trimestre est certes supérieur aux attentes. La banque de financement et d’investissement a tiré les bénéfices grâce aux métiers actions et se compare favorablement à BNP Paribas. Les autres divisions du groupe – réseaux France et international, services financiers spécialisés et gestion privée – n’ont ni brillé ni déçu. Le coût du risque, qui n’avait cessé de monter en 2012, a diminué de 84 à 75 points de base entre décembre et mars.
Malgré ces performances, la Société Générale sort un retour sur fonds propres après impôt de seulement 2,7% au premier trimestre, et de 7,4% hors éléments non récurrents. Le plan d’économies doit permettre de porter le RoE à 10% en 2015. De quoi peut-être payer le coût du capital, mais guère davantage.
«L’annonce d’un plan était assez largement anticipée. En revanche, celui-ci ne comporte aucune annonce sur plusieurs interrogations plus structurelles», résument les analystes d’Oddo. Ces questions stratégiques concernent la BFI, les réseaux France et l’Europe de l’Est. Sur les marchés de capitaux, le nouveau modèle économique des banques reste à construire alors que les contraintes réglementaires s’empilent. En France, dans un contexte de taux bas et de stagnation, il est difficile d’envisager une forte croissance des réseaux lors des prochaines années.
Quant à l’Europe de l’Est, «comment obtenir un RoE satisfaisant dans la plupart des pays, à l’exception de la République tchèque qui dépasse déjà 20% ?», s’interroge Oddo. Après trois ans de restructuration, le coefficient d’exploitation de Rosbank (67%) reste de 15 points supérieur à la moyenne du secteur, selon les analystes d’Uralsib. Et si la Russie a dégagé un résultat net de 39 millions d’euros au premier trimestre, il en faudra plus pour justifier les 1,7 milliard d’euros investis entre 2006 et 2008 pour prendre le contrôle de la banque russe.
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