La Société Générale améliore son ratio de solvabilité
La Société Générale a publié vendredi des résultats trimestriels en baisse mais supérieurs aux attentes, dans un environnement toujours mitigé sur les marchés financiers après les turbulences de la fin 2018. Le groupe a toutefois renforcé ses fonds propres grâce à la poursuite de ses cessions d’actifs, tout en commençant à mettre en œuvre les mesures de restructuration annoncées en début d’année afin d’atteindre les objectifs de rentabilité fixés pour 2020.
Le résultat net de la Société Générale s’est replié de 26% au premier trimestre, à 631 millions d’euros, contre 610 millions d’euros attendus par le consensus FactSet. Ce résultat intègre une moins-value de 67 millions d’euros sur la cession de SKB en Slovénie à OTP Bank, une opération également annoncée vendredi. Des ventes d’actifs déjà annoncées en Belgique, en Albanie et en Bulgarie se sont en revanche traduites par un gain exceptionnel de 14 millions d’euros sur le trimestre.
Le résultat sous-jacent, qui exclut les éléments exceptionnels, s’inscrit en baisse de 16%, à 1,01 milliard d’euros.
Le trading peine à rebondir
Pénalisé par l’environnement de taux bas qui pèse sur la marge d’intérêt des banques, le produit net bancaire (PNB) a diminué de 1,6% sur le trimestre, à 6,19 milliards d’euros, légèrement au-dessus du consensus, qui était de 6,16 milliards d’euros.
Si les revenus de la banque de détail en France ont reculé de 3,2% sur le trimestre, la banque de détail et les services financiers internationaux affichent en revanche une croissance de 4,4%.
La banque de financement et d’investissement du groupe a également dégagé des performances contrastées: les revenus progressent de 1,1% sur le trimestre, mais se replient de 1,8% à périmètre et change constants. L’activité a été soutenue par la banques d’affaires et de financement (+19%), tandis que les revenus dégagés sur les marchés financiers ont reculé de 7,2%. En repli de 16% sur un an, les activités de la Société Générale sur les produits de taux, devises et matières premières n’ont pas connu le rebond affiché par BNP Paribas. Mais le repli de 5,3% essuyé sur le trading d’actions est nettement plus limité que celui de sa rivale.
Renforcement des fonds propres
Dans son communiqué, la Société Générale a par ailleurs souligné les progrès de ses efforts de réorganisation, après avoir réduit ses encours pondérés de 2,3 milliards d’euros sur le trimestre, sur un objectif total de 8 milliards d’ici à la fin 2020 dans ses activités de marché.
En plus de sa politique de cessions, le groupe prévoit de fermer certaines activités de trading et de fusionner des filiales dans le cadre d’une réduction de la voilure de sa banque d’investissement. La banque a annoncé le mois dernier qu’elle envisageait de supprimer 1.600 emplois au total dans le monde, dont 750 en France.
Le renforcement des fonds propres s’est traduit par un ratio de solvabilité Core Equity Tier 1 (CET1) de 11 ,7% fin mars, contre 11,2% fin décembre, proche de l’objectif d’au moins 12% retenu pour 2020 .
Plus d'articles du même thème
-
L’IA générative s’interpose de plus en plus entre la banque et ses clients
L’IA générative devient partie intégrante des prises de décisions des clients bancaires et les usages évoluent vite, bousculant les modèles d’affaires des banques de réseaux généralistes. Si elles n’intègrent pas rapidement des agents IA dans leurs parcours, ces derniers pourraient devenir de nouveaux concurrents. -
A son tour, Barclays annonce des suppressions d’emplois sous couvert d’IA
La banque britannique, pénalisée par le trading obligataire, publie des résultats trimestriels en demi-teinte. Elle annonce un nouveau programme de rachat d’actions à hauteur de 500 millions de livres sterling. -
Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Les groupes mutualistes, BPCE, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, réalisent l’immense majorité de leurs revenus dans l’Hexagone. Les banques non mutualistes, BNP Paribas et la Société Générale, sont moins exposées mais la France demeure de loin leur premier marché alors que la situation du pays inquiète avec un taux souverain à dix ans qui vient de passer les 5%.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose