La singapourienne OCBC identifie Hong Kong comme indispensable relais de croissance

La banque, visant le financement du commerce avec la Chine continentale, a dévoilé une offre amicale de 3,6 milliards d’euros sur Wing Hang Bank
Benoît Menou

Quelle dépense ne consentirait-on pas pour s’offrir une présence bancaire digne de ce nom au cœur du Delta de la rivière des Perles, dynamique région du Sud de la Chine englobant Hong Kong, Shenzhen, Canton ou Macao ? La banque de Singapour OCBC (Oversea-Chinese Banking Corp) a cédé à la tentation en dévoilant hier une offre amicale en numéraire visant la hongkongaise Wing Hang Bank. Une offre valorisant la cible à 38,4 milliards de dollars locaux (3,6 milliards d’euros).

Les titres promis par plusieurs actionnaires, dont ceux de la famille fondatrice Fung ou de Bank of New York Mellon, permettent déjà au prétendant qui a obtenu une approbation de principe de la part des régulateurs de Hong Kong et de Singapour, de se prévaloir d’apports représentant 50,7% du capital.

L’offre d’OCBC ne représenta pourtant qu’une prime de 1,6% sur le cours de clôture de Wing Hang Bank lundi, après que la famille fondatrice a fait part l’an dernier de son intention de vendre et que des bruits de pourparlers avec plusieurs acteurs régionaux majeurs ont couru. Mais la prime est de 67% sur la moyenne des 90 dernières séances. Surtout, l’offre valorise Wing Hang Bank à 2 fois sa valeur nette comptable retraitée du versement du dividende 2013 et de la valeur de ses actifs immobiliers. Un multiple élevé a priori mais cohérent avec celui des transactions passées concernant les banques de Hong Kong. Et le montant attendu de la transaction s’élevait même jusqu’à 3,8 milliards d’euros selon des sources citées par Reuters.

Quand bien même l’opération n’est pas dénuée de risques, liés notamment à l’évolution incertaine des taux de créances douteuses en Chine continentale ou au fait qu’OCBC n’en prévoit un impact positif sur bénéfice par action qu’à partir de 2017, elle n’en semble pas moins stratégiquement indispensable. D’autant que le prédateur a pris du retard dans la région par rapport à son principal concurrent de Singapour, DBS Group Holdings.

OCBC entend tirer parti de la croissance à long terme en Grande Chine (Chine continentale, Hong Kong, Macao, Taïwan) et des «connexions toujours plus fortes entre le Nord et le Sud Est asiatique». Wing Hang Bank apparaît ainsi comme une composante importante afin de bénéficier de l’internationalisation du yuan. Elle fera passer pro forma en 2013 la part de la Grande Chine au résultat imposable d’OCBC de 6% à 16%.

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