La SEC se prépare à l’entrée en vigueur de MIF 2
L’interconnexion des marchés financiers fait de l’introduction de la nouvelle version de la directive européenne sur les marchés financiers (MIF 2) une problématique globale. Pour s’y préparer, le régulateur américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), a annoncé la nomination d’Alan Cohen, précédemment directeur de la conformité chez Goldman Sachs, au poste de conseiller auprès de son président Jay Clayton sur les questions relatives à MIF. Une bonne nouvelle pour Wall Street, qui pouvait craindre des incohérences entre les régulations européennes et américaines.
L’obligation européenne de facturer séparément aux clients les services de courtage et de recherche financière place notamment les courtiers américains face à un dilemme. Se conformer à cette exigence pourrait se révéler problématique puisque la régulation américaine estime qu’une société se faisant rémunérer pour ses analyses peut être considérée comme fournissant des conseils en investissements. Une telle caractérisation placerait les courtiers sous le coup d’un ensemble de régulations supplémentaires, augmentant de fait leurs coûts de conformité, ce qui mettrait en péril leur modèle économique.
«Les courtiers et les gestionnaires d’actifs sont tous à Washington en train de dire ‘nous avons besoin d’une solution’», expliquait récemment Larry Tabb, fondateur de la société de recherche financière Tabb Group, à l’agence Bloomberg. Une solution envisagée serait d’offrir une assurance légale que les sociétés ne seront pas compromises par leur respect des règles européennes, les délais étant trop courts pour que la SEC puisse amender ses textes.
D’une manière plus générale, Wall Street souhaite éviter d’avoir à se conformer à des règles différentes en Europe et aux Etats-Unis. «L’industrie cherche une confirmation de la SEC que les gestionnaires d’actifs internationaux qui se conformeront à MIF 2 ne se retrouveront pas en porte-à-faux avec les régulations américaines», souligne Jennifer Choi, avocat conseil auprès de l’Investment Company Institute, qui regroupe des fonds d’investissements ouverts. «Une attestation aiderait les entreprises internationales à poursuivre un courtage et des programmes de recherche efficaces à l’international au bénéfice de leurs investisseurs.»
Alan Cohen devrait continuer à conseiller la SEC sur les évolutions des réglementations européennes une fois MIF 2 en vigueur, puisqu’il sera également chargé des questions relatives au Brexit et au clearing.
Plus d'articles du même thème
-
Les grands risques sont aussi des opportunités d'investissement pour le secteur financier
Les risques géopolitiques, l’intelligence artificielle et le changement climatique se cumulent et mettent à l’épreuve la stabilité financière, mais banques et assurances travaillent sur les manières de les gérer, sous l’œil prudent de l’ACPR. -
Les hedge funds américains veulent un accès plus large aux futures sur la dette de l’UE
Les associations de fonds spéculatifs soutiennent une initiative du gendarme américain des marchés visant à assouplir les règles de supervision qui limitent leur accès aux contrats à terme sur les obligations émises par l’Union européenne (UE). Eurex et les dirigeants européens y seraient également favorables. -
L'Efama appelle les eurodéputés à rejeter la stratégie d'investissement de détail
Les parlementaires européens doivent voter, jeudi 12 novembre, le texte final de niveau 1 qui étendra entre autres l'introduction du mécanisme de rapport qualité-prix Value for Money à tous les produits financiers.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ? -
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat