La restructuration d’UBS leste ses comptes
Les résultats d’UBS au troisième trimestre ont été occultés par la restructuration massive annoncée par l’établissement suisse. Les 10.000 suppressions d’emplois prévues et la fermeture de certaines activités dans sa banque d’investissement ont fait plonger les comptes dans le rouge. UBS affiche en effet une perte nette de 2,17 milliards de francs suisses, alors que le consensus établi par Reuters prévoyait un bénéfice de 457 millions. Un an plus tôt, la banque affichait un résultat net d’un milliard.
La restructuration a en effet conduit la banque à enregistrer une dépréciation d’écart d’acquisition (goodwill) de 3,1 milliards de francs. La décision a néanmoins eu un effet positif sur les fonds propres du groupe, dont le ratio common equity tier one (Bâle 3) atteint 9,3%.
En outre, le resserrement des spreads de crédit d’UBS au cours du trimestre – à l’instar de l’ensemble du secteur en raison d’un retour relatif de la confiance sur les marchés de crédit à l’égard des banques – a provoqué une charge de 863 millions. UBS s’attend à passer une nouvelle charge de restructuration de 500 millions de francs au quatrième trimestre, au cours duquel l’établissement devrait également être dans le rouge.
Le pôle de banque d’investissement a paradoxalement réalisé une bonne performance au troisième trimestre, si l’on exclut les charges imputables à sa cure d’amaigrissement. Le bénéfice avant impôt récurrent (hors provisions, dépréciations et plus-values) s’établit à 178 millions, contre une perte de 130 millions au trimestre précédent – amputé par la perte subie dans le cadre de l’introduction en Bourse de Facebook. Son résultat d’exploitation a bondi de 31% par rapport au deuxième trimestre, à 2,28 milliards de francs. Les revenus (+3% à 383 millions) ont été tirés par le trading actions (dont l’activité a triplé à 783 millions), tandis qu’UBS affiche une très légère augmentation sur les marchés de taux (+0,7% à 1,11 millions).
La gestion de fortune, l’autre pilier du groupe appelé à redevenir son métier phare, affiche sa bonne santé et semble légitimer les choix radicaux des dirigeants. Le bénéfice avant impôt du pôle wealth management progresse de 20% (à 500 millions de francs), tandis que celui de la division Americas a crû de 10% (à 200 millions). La collecte nette est restée vigoureuse: les deux divisions ont respectivement engrangé 7,7 et 4,8 milliards de francs.
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