La question des bonus divise les lecteurs de " L’Agefi «
Dire que la question des bonus divise n’est pas exagéré, y compris chez les professionnels. A la suite des annonces du président de la République, L’Agefi a effectué hier une enquête auprès de ses lecteurs. Il en ressort que sur les 235 participants, 45 % ne jugent pas pertinent le cadre retenu pour les bonus dans les banques françaises (voir graphique). Et si le camp de ceux qui sont plutôt séduits recueille 55 % des réponses, ils sont 20 % dans cette catégorie à juger qu’il faut aller plus loin.
Concernant les propositions qui seront faites au G20 (limitation globale des bonus, limitation des bonus les plus élevés, taxation des bonus), la ventilation des avis est peu ou prou la même, les opposants (43 %) devançant d’une courte tête ceux qui sont totalement convaincus du bien-fondé de ces propositions (40 %). Quant à l’impact sur la Place de Paris de cette mise en avant de la France sur le plan international, nos lecteurs sont encore très partagés.
Pour obtenir des réponses plus catégoriques, il faut plonger dans le détail par catégories professionnelles. Pas directement concernés par les bonus mais ayant pu avoir le sentiment de payer la note des difficultés de la BFI pendant la crise, les professionnels de la banque de détail penchent plutôt en faveur des mesures de Nicolas Sarkozy, avec semble-t-il une préférence pour ses initiatives en vue du G20, l’adhésion étant un peu moins marquée concernant les mesures nationales. Ils sont en tout cas très peu (24 %) à penser que la Place de Paris pourrait en être pénalisée. Les professionnels du conseil et de l’assurance sont aussi parmi les plus satisfaits des annonces effectuées. C’est notamment dans le conseil que se trouve la plus forte proportion (52 %) d’acteurs qui se disent « absolument favorables » aux mesures annoncées ou envisagées.
A l’autre bout de l’échelle, nos lecteurs évoluant dans la BFI montrent à quel point ils sont concernés par la question. Ils comptent pour près de 30 % des réponses à notre enquête (la plus forte proportion) et affichent des opinions assez tranchées. 62 % d’entre eux jugent que les mesures françaises ne sont pas pertinentes. Une proportion que l’on retrouve (63 %) concernant les propositions adressées au G20. Un peu moins nombreux à avoir participé (5 % des réponses), les spécialistes de l’intermédiation sont sur la même ligne.
Cette dichotomie de réponses entre acteurs des activités de marché et de la banque de détail prouve en tout cas qu’il sera difficile de trouver un consensus au sein même des banques sur cette question des bonus.
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