La porte des augmentations de capital se ferme pour les banques européennes

La chute du titre UniCredit s’est poursuivie hier. La décote sur le prix théorique est passée de 43% à 15%, accroissant la probabilité d’un échec
Alexandre Garabedian

UniCredit ne fait pas recette. Pour leur premier jour de cotation, les droits préférentiels de souscription (DPS) attachés à l’augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros de la banque italienne ont terminé la séance en chute de 65%, à 0,47 euro l’unité.

Les actionnaires existants, qui reçoivent un DPS permettant de souscrire deux actions nouvelles au prix unitaire de 1,943 euro, n’ont pas vraiment vendu leurs droits. Seulement 156 millions ont été échangés, moins de 0,1% du total. Mais la valeur des droits évolue mécaniquement en fonction de celle de l’action. Cette dernière a cédé dans le même temps 12,8%, à 2,286 euros, portant sa dégringolade à plus de 45% en quatre séances.

Certains actionnaires d’UniCredit, comme la Fondation Banco di Sicilia, détentrice de moins de 1% du capital, ont déclaré publiquement qu’ils ne suivraient pas l’offre et ont donc intérêt à vendre leurs DPS. La chute de l’action UniCredit pourrait aussi être due à des arbitrages d’actionnaires, qui vendent une partie de leurs titres pour financer l’exercice de leurs droits sur le solde de leur participation.

L’évolution boursière d’UniCredit est inquiétante pour le succès de la transaction, dont l’ampleur était pourtant connue depuis le mois de novembre. Au cours de clôture d’hier, le prix théorique de l’action ex-droits après l’opération (le «TERP») n’était plus que de 2,29 euros, contre 3,41 euros le 4 janvier à l’annonce des conditions de l’offre. La décote que s’étaient ménagée la banque et ses 26 conseils a fondu, passant de 43% – un niveau pourtant élevé pour une augmentation de capital – à 15%. Or, le seuil des 10% peut être considéré comme fatal, car «à ces niveaux-là, l’ensemble du marché joue la convergence du TERP vers le prix de souscription, et donc l’échec de l’opération», explique un banquier. L’offre s’achève le 27 janvier.

Les banques d’UniCredit seraient alors collées avec les titres n’ayant pas trouvé preneur, ce qui ferait planer le risque d’un retour de papier sur le marché actions et pèserait sur le cours. Mais un échec, de plus en plus probable, sera dommageable pour l’ensemble du secteur. Les banques cherchant à atteindre le seuil de solvabilité de 9% fixé par l’Autorité bancaire européenne ne pourront vraisemblablement plus le faire à travers un appel au marché.

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