La patron de BPCE, François Pérol, a été mis en examen
François Pérol, président de BPCE, a été mis en examen jeudi pour prise illégale d’intérêts, selon une source judiciaire. L’enquête porte sur les conditions de la nomination de cet ancien conseiller à Bercy à la tête BPCE, groupe bancaire issu de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires, après avoir passé deux années à l’Elysée comme secrétaire général adjoint, sous Nicolas Sarkozy.
Le groupe bancaire n’a fait aucun commentaire hier soir. En dépit de la mise en examen, rien ne contraint a priori François Pérol à démissionner de son fauteuil.
A l’origine de la procédure, les plaintes de l’association Anticor et les syndicats CGT et Sud qui considèrent que la nomination du dirigeant en 2009 à la direction de la future BPCE constitue une prise illégale d’intérêts. Selon eux, François Pérol, inspecteur des finances, avait pris part à l’Elysée aux négociations sur la création du groupe BPCE. Or, la loi interdit à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu’il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu’il a conseillée sur ses opérations dans les trois ans précédant son passage du public au privé.
Le parquet de Paris avait dans un premier temps classé les plaintes sans suite, estimant que le rôle de François Pérol avait été d’informer le président de la République et que le secrétaire général de l’Elysée «n'était pas une autorité publique compétente pour intervenir dans le dossier».
Mais les syndicats s'étaient alors portés parties civiles et après une nouvelle bataille judiciaire qui est allée jusqu'à la Cour de cassation, l’enquête avait été de nouveau confiée au juge du pôle financier Roger Le Loire. La prise illégale d’intérêt est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 500.000 euros d’amende.
La BPCE avait annoncé en novembre dernier qu’elle entendait doubler son résultat net d’ici à 2017 en devenant notamment un acteur majeur du marché mondial de l'épargne et de l’assurance.
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