La nouvelle stratégie de MF Global l’a conduit à sa perte
Il aura donc fallu moins d’une semaine à MF Global pour déposer le bilan. Après avoir fait état d’une perte de 191,6 millions de dollars la semaine dernière et vu sa note de crédit ramenée en catégorie spéculative par Moody’s et Fitch, l’ancienne filiale de Man Group introduite en Bourse en 2007 a dû se résoudre à se placer sous la protection du Chapter 11 de la loi américaine sur les faillites.
Cette décision, qui représente la huitième plus grosse faillite d’entreprise de l’histoire des Etats-Unis par les actifs selon la société de recherche BankruptcyData.com, marque donc l’échec de la stratégie de son directeur général Jon Corzine. Arrivé en mars 2010 à la tête du groupe après avoir perdu son mandat de gouverneur du New Jersey, cet ancien président de Goldman Sachs dans les années 90 avait totalement transformé le profil de MF Global en développant le trading pour compte propre et en accentuant la prise de risque. L’objectif était de faire évoluer le courtier en produits dérivés vers une banque d’affaires, un mini Goldman Sachs. Mais avec 41 milliards d’actifs au bilan pour seulement pour 1,2 milliard de fonds propres au 30 septembre, le levier pouvait paraître exagéré.
Et c’est l’annonce d’une exposition de 6,3 milliards de dollars aux dettes souveraines italienne, espagnole, belge, irlandaise et portugaise qui a précipité sa chute en Bourse.
En vue du dépôt de bilan, Jon Corzine a tenté tout le week-end de trouver des acquéreurs pour tout ou partie du groupe. Selon la presse anglo-saxonne, plusieurs candidats au rachat ont regardé le dossier, dont Macquarie Group, Barclays, State Street ou encore JC Flowers, mais les discussions les plus avancées ont eu lieu avec Interactive Brokers Group, pour un montant évoqué d’un milliard de dollars.
L’action du groupe a été suspendue, son rôle de primary dealer lui a été retiré par la Réserve fédérale de New York et ses opérations de trading ont été suspendues sur le Chicago Mercantile Exchange, l’IntercontinentalExchange et Nyse Liffe. Les clients de MF Global pouvaient encore toutefois procéder à des liquidations de leurs positions. Selon les régulateurs boursiers américains, MF Global n’aurait pas correctement isolé les comptes de ses clients de ses propres fonds.
Dans le document de dépôt de bilan, JPMorgan apparaît comme le principal créancier de MF Global à hauteur de 1,2 milliard de dollars, mais l’exposition propre de la banque se limiterait à moins de 100 millions.
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