La Mutuelle Générale statuera le 26 juin sur son avenir
Troisième mutuelle française et 12e assureur santé, la Mutuelle Générale va décider jeudi prochain de se marier, ou non, avec Malakoff Médéric ou Humanis. «Si notre conseil d’administration fait un choix, nous entrerons en négociations exclusives», a déclaré hier Stanislas Bressange, directeur général délégué de la Mutuelle Générale, lors de la présentation de ses résultats annuels.
Les deux groupes de protection sociale ont été retenus au terme d’un processus initié en septembre 2012. Beaucoup plus gros que la Mutuelle Générale, tous deux ont multiplié les rapprochements ces dernières années. Malakoff Médéric a toutefois échoué à attirer Réunica qui lui a préféré AG2R La Mondiale, tandis qu’Humanis restait en perte l’an dernier, deux ans après son mariage avec Novalis Taitbout.
La fusion de l’un ou l’autre avec la Mutuelle Générale interviendrait après l’aval des autorités compétentes (ACPR, Agirc, Arrco, Autorité de la concurrence) et l’examen approfondi des comptes de chaque partenaire. «Toutes les pièces devraient être réunies en juin 2015», précise Patrick Sagon, président du groupe mutualiste. Le futur ensemble pourrait être une Sgam (société de groupe d’assurance mutuelle), mais devra préserver les «valeurs mutualistes» de la Mutuelle Générale avec une gouvernance équilibrée.
Le temps presse, alors que l’Accord national sur l’emploi menace les groupes mutualistes dès les mois qui viennent. Le nouveau cadre rend obligatoire les contrats santé collectifs pour tous les salariés, au détriment des mutuelles spécialistes des contrats individuels, et il supprime les clauses de désignation jusque-là favorables aux institutions de prévoyance et à certaines mutuelles, ouvrant la voie aux bancassureurs et courtiers. «On recherche un partenaire capable de mettre à notre disposition un flux qualifié (de nouveaux clients, ndlr)», indique Patrick Sagon. La santé étant «condamnée à voir ses marges s’éroder», il veut «couvrir toute la panoplie de l’assurance de personnes, y compris l’épargne», voire l’assurance dommages.
Hors rapprochement, la Mutuelle Générale vise une croissance organique de 10% en trois ans, «moins ambitieuse que ces dernières années». Mais elle revendique sa solidité financière et souligne les efforts déployés pour créer, par exemple, une direction unique des risques. Elle a aussi délégué la gestion de la majorité de son portefeuille financier qui affiche un rendement de 3,39% en 2013, en hausse de 14 points de base.
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