La meilleure solvabilité des banques françaises est sujette à caution
Les principales banques françaises disposent d’une réelle capacité à poursuivre l’amélioration de leur niveau de solvabilité. Les résultats 2013 sont venus confirmer qu’elles ont «renoué avec une solide capacité bénéficiaire, qui constitue le véritable moteur» du mouvement, selon Thierry Grunspan, directeur pour les services financiers chez Standard & Poor’s.
Il estime en effet que «la plus grande part» de l’amélioration viendra à court terme de la mise en réserve des profits, et non des augmentations de capital ou d’un nettoyage des bilans (ou de-leveraging) qui devrait apporter «au mieux une contribution négligeable» après avoir joué un rôle sensible sur les deux exercices écoulés.
S&P souligne que le Crédit Agricole par exemple peut se targuer d’une dynamique de résultats «spectaculaire» et affiche un objectif de progression de 2,8 points sur 3 ans à 14% de son ratio common equity tier one Bâle 3. Une annonce «importante et crédible» aux yeux de l’agence.
Mais si les banques françaises se positionnent favorablement par rapport à leurs concurrentes européennes à l’aune de ce ratio réglementaire (9,8% pour les 4 principales au 30 juin dernier contre 9,1% en Europe selon l’EBA), la pondération des risques concoctée par S&P dresse un classement moins flatteur. Le ratio interne RAC (Risk-Adjusted Capital), censé neutraliser l’impact tant des diversités des modèles des banques que de la générosité relative des régulateurs nationaux, ramène selon S&P les acteurs français en seconde partie de classement. En cause, les charges plus sévères appliquées à certains risques comme les portefeuilles actions ou les filiales d’assurance. La capitalisation des principales banques françaises est de la sorte aujourd’hui neutre pour leur notation: elle n’est «ni une force ni une faiblesse», selon Thierry Grunspan.
Qui plus est, l’agence de notation souligne que l’amélioration attendue des fonds propres n’est pas certaine. S&P évoque la tentation du «retour à des politiques de croissance plus ambitieuses» ainsi qu’une «faiblesse persistante» de l’économie française (ou en zone euro, notamment en Italie pour BNP Paribas avec BNL) qui ne manquerait pas de pénaliser les bénéfices.
Sans oublier la «pression» d’actionnaires soucieux de voir progresser dividende et rendement des fonds propres, un risque certes plus important pour BNP Paribas et la Société Générale que pour les établissements mutualistes.
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