La hausse du franc pourrait rogner de 10% les bénéfices des banques suisses
L’abandon du peg du franc suisse par la BNS n’arrange pas les affaires des banques helvètes. Les actions d’UBS et de Credit Suisse ont cédé jeudi respectivement jusqu’à 13,55% et 15,77% dans le sillage de la décision, qui a induit une appréciation de plus de 10% du franc suisse face à l’euro et au dollar. La correction s’est révélée encore plus violente pour la banque privée Julius Baer, qui a abandonné jusqu’à 22,57%.
Si les analystes attendent avant de revoir leurs estimations de bénéfices, tous pointent du doigt l’effet négatif que provoquera sur les comptes cette appréciation. «Son ampleur dépendra du niveau auquel se stabilise le taux de change, ce qui ne sera pas clair avant la décision de la BCE sur un QE attendue le 22 janvier», soulignent les experts de Nomura.
Une appréciation de 10% du franc suisse face aux grandes monnaies pourrait ainsi conduire à une baisse de 14% à 16% du bénéfice de Credit Suisse, selon les analystes de Morgan Stanley. L’effet serait de l’ordre de 9% à 11% pour UBS, et de 15% pour Julius Baer. Goldman Sachs se veut moins pessimiste, avec des baisses comprises entre 7% et 10% pour les trois établissements.
«L’impact est significatif pour les sociétés affichant une importante base de revenus libellés en devises étrangères et une proportion plus forte encore de coûts comptabilisés en franc», explique les analystes de... Credit Suisse. Morgan Stanley indique par exemple que les revenus de Credit Suisse sur les neuf premiers mois de 2014 étaient libellés à 81% en devises étrangères, dont 69% en dollars et en euros, contre seulement 73% des coûts.
Outre ce phénomène, les banques devront composer avec les mesures additionnelles prises par la BNS, qui abaissera de 50 points de base, à -0,75% son taux de dépôt. «Le coût des mesures pour affaiblir le franc va se déplacer de la BNS vers les banques», a averti hier l’Association des banques suisses.
Seul effet positif, ce mouvement de change aura tendance à gonfler les ratios de solvabilité, car il minore la conversion des actifs libellés en devises étrangères. «Une hausse de 10% du franc baisserait (…) les actifs pondérés du risque [d’UBS] de 5%, contre un repli de seulement 3% de son capital réglementaire, ce qui augmenterait son ratio CET 1», explique Nomura. Credit Suisse avertit cependant que ce mouvement serait «marginal».
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