La Grèce et l’assurance au menu des résultats du Crédit Agricole
Comme pour ses concurrentes, les résultats annuels et du quatrième trimestre 2011 de Crédit Agricole seront marqués par d’importants éléments exceptionnels, qui viendront brouiller la lecture de l’activité des métiers.
Les dirigeants du groupe ont déjà annoncé en décembre dernier que la structure cotée Crédit Agricole SA (CASA) afficherait une perte annuelle pour la première fois de son histoire. Les causes sont nombreuses: le plan d’adaptation (qui causera 2.350 suppressions de postes), les dépréciations de ses participations et d’écarts d’acquisition (sur ses participations dans l’espagnol Bankinter et le portugais BES, sur le crédit-bail et l’affacturage, mais aussi sur son pôle de BFI) lui coûteront plus de trois milliards d’euros au dernier trimestre (L’Agefi du 15 décembre).
En outre, il faudra comptabiliser la décote que CASA appliquera à son encours de dette souveraine grecque dans le cadre de l’accord international trouvé avec Athènes: BNP Paribas et la Société Générale ont pour leur part annoncé la semaine dernière qu’elles l’avaient portée à 75% au quatrième trimestre. Au troisième trimestre, CASA avait comptabilisé une décote à proportion de 60%, comme ses rivales à l’époque.
Le groupe est l’établissement français le plus exposé à la Grèce notamment à travers sa filiale locale Emporiki, qui pèse sur la liquidité de CASA. L’évolution du dossier sera donc regardée avec attention par les analystes, alors que la conversion en capital de concours et d’avances d’actionnaires consentis depuis 2010 a permis à CASA d’alléger d’un milliard d’euros ses concours à Emporiki.
Autre gros dossier: la conformité du groupe aux règles de Bâle 3. Celles-ci concernent le groupe à deux titres. La position en capital de CASA, qui ne consolide que 25% des résultats des caisses régionales et qui a lancé des offres de rachat de sa dette hybride, est nettement inférieure à celle du groupe. Même si le régulateur a adopté une vision groupe, le sujet préoccupe certains investisseurs. Le deuxième sujet concerne les importantes activités d’assurances du groupe (Predica et Pacifica). Plus précisément la manière dont la Commission européenne va considérer les activités d’assurance au sein des groupes bancaires dans le cadre de la directive CRD4, qui transpose Bâle 3 (L’Agefi du 19 décembre). La présidence danoise au Conseil de l’Union européenne, en place depuis 1er janvier 2012, est réputé favorable au traitement des bancassureurs en conglomérat financier.
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