La Fédération bancaire européenne veut remettre le ratio de levier à sa place
«On peut vivre avec ce qui est déjà prévu mais nous sommes inquiets de ce qui arrivera ensuite: le LCR (ratio de liquidité de court terme), le ratio de levier, les coussins en capital locaux pour les Sifis (grandes banques systémiques), le tout en combinaison avec des taxes sur les banques.» Pour Wim Mijs, qui vient de prendre, à 50 ans, la tête de la Fédération bancaire européenne suite au départ de Guido Ravoet, l’impact cumulé des réglementations sur la capacité de prêt du secteur bancaire européen reste une source d’inquiétude. «Il faut veiller à ce que sous certains scénarios économiques, cela ne nuise pas à la fonction de prêt», explique cet ancien lobbyiste en chef d’ABN Amro. Or «la Commission européenne n’a pas fait d’étude d’impact complète», déplore-t-il.
«L’union bancaire est un grand progrès»: Danièle Nouy, patronne de la supervision européenne, et son équipe, «travaillent vite et de manière constructive», dit-il. Mais la création d’un système unique de supervision et de résolution suppose à présent de lisser les différences nationales. «Le prochain commissaire européen devra faire revivre le marché unique», souhaite Wim Mijs, ne serait-ce que parce que ce corps de règles harmonisées est le seul moyen de «lier les pays qui ne participent pas à l’union bancaire», à commencer par le Royaume-Uni.
Symptomatiques des divergences nationales: les débats sur le ratio de levier notamment aux Pays-Bas, où certains économistes plaident pour un relèvement du ratio de 3% à 4% avant 2018, date où il deviendra obligatoire. Ce ratio a été «conçu comme un filet de sécurité» et non pas «un ratio de base». «Pour relever le niveau du capital de certaines banques, localement, le superviseur national peut toujours utiliser le coussin en capital prévu pour les Sifis», rappelle Wim Mijs. Et de s’inquiéter du recul des acteurs européens des activités de marché. «Si on tue la banque d’investissement en Europe, il ne restera plus de choix qu’entre Merrill Lynch et Goldman Sachs. Pourquoi laisserions-nous si peu d’acteurs pour faire ces transactions sophistiquées dont les entreprises européennes ont besoin, alors que le secteur bancaire européen est tout à fait capable de le faire?» dans le cadre du modèle de la banque universelle.
Dernier cheval de bataille: la taxe sur les transactions financières. «Je la vois non comme une taxe bancaire mais comme une taxe sur l’économie» qui «nuit aux marchés de capitaux en Europe», indique Wim Mijs.
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