La Fed plonge RBS dans l’embarras sur la vente de sa filiale américaine Citizens
Royal Bank of Scotland, détenue à 81% par le gouvernement britannique à la suite de son sauvetage au plus fort de la crise, a vu se dresser mercredi soir un nouvel obstacle sur le sinueux chemin de son renouveau. Un obstacle érigé par la Réserve fédérale américaine, qui a émis des objections au programme de dividendes et de rachats de titres formulé par la filiale de RBS outre-Atlantique, Citizens Financial Group. Cette dernière devra revoir sa copie, ce qui a de quoi mettre en péril ou tout du moins retarder le projet d’introduction en Bourse ou de vente de Citizens.
RBS, qui a précédemment indiqué rester à l’écoute d’éventuelles offres de prétendants, a dit ne pas savoir encore si le calendrier d’une IPO au second semestre 2014 (pour 20 à 33% du capital) et d’une sortie totale du capital de Citizens d’ici à fin 2016 était encore réaliste.
La Fed reproche à Citizens des manquements dans ses procédures de gestion du risque, notamment d’estimation d’activité et de pertes en cas de scénario économique très défavorable. La Fed a recalé sur des critères qualitatifs les plans de distribution des bénéfices échafaudés par 4 établissements au total. Outre Citigroup, sont concernées 3 filiales de banques européennes, RBS, donc, ainsi que Santander et HSBC, qui passaient pour la première fois l’exercice.
La Fed ne conteste pas, c’est l’objet de l’exercice, leur capacité à faire face à l’adversité. Mais RBS, qui pour l’heure s’est félicitée de l’appréciation positive de la Fed en termes quantitatifs, n’en pâtit pas moins d’un risque supplémentaire de réputation aux Etats-Unis, qui pourrait atténuer l’appétit d’acheteurs du secteur ou d’investisseurs en Bourse. Cette semaine encore, diverses sources ont fait état d’un intérêt de la part de deux géants bancaires japonais soucieux de grandir aux Etats-Unis, Sumitomo Mitsui Financial Group et Mitsubishi UFJ Financial Group.
Comme le soulignent les analystes de Credit Suisse, d’autres banques européennes comme BNP Paribas, Deutsche Bank ou Barclays, pourraient être soumises aux tests de la Fed dès 2016 du fait d’une évolution réglementaire entérinée début 2014, la règle Tarullo, contraignant les grandes banques étrangères à créer des holdings aux Etats-Unis. La filiale de BBVA, Compass Bancshares, a quant à elle dès cette année vu son plan de gestion du capital validé par la Fed.
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