La facture du désastre Co-op Bank ne cesse d’enfler outre-Manche
La déconfiture de Co-op Bank prend des proportions effrayantes. La banque coopérative britannique a annoncé hier qu’elle aurait besoin de lever 400 millions de livres supplémentaires pour se remettre à flot, quelques mois seulement après avoir vendu au marché un plan de recapitalisation de 1,5 milliard de livres. Alors que le groupe visait à fin 2013 un ratio de solvabilité compris dans la partie haute d’une fourchette allant de 7% (minimum réglementaire) à 9%, son point d’arrivée apparaît un peu court, à 7,2%.
«La nouvelle équipe dirigeante arrivée il y a neuf mois continue de passer en revue les actifs et les passifs de Co-op Bank. Le résultat de cette revue permanente est que nous mettons au jour une série de problèmes à traiter», a indiqué dans un communiqué Niall Booker, le directeur général de l’établissement. Ces risques avaient été identifiés lorsque la banque a présenté fin 2013 à ses créanciers son programme de conversion de dette en actions, mais ils n’avaient pas été quantifiés. C’est désormais chose faite: 400 millions de livres pour 2013, montant qui recouvre le provisionnement de crédits immobiliers à risques, de litiges sur la vente d’assurance emprunteur ou encore de swaps de taux d’intérêt. En outre, la séparation de la banque et de sa maison mère, le Co-op Group, s’avère plus longue et plus complexe que prévu, et coûtera 40 millions de plus.
Le prêteur, qui affiche 28 milliards de livres de dépôts, risquait d’engager son plan de redressement avec une position en capital de départ trop faible, d’où ce nouvel appel aux actionnaires dirigé par UBS. En 2013, Co-op Bank a perdu entre 1,2 et 1,3 milliard de livres avant impôt et avant prise en compte d’un gain exceptionnel de 688 millions sur la restructuration de son passif. Elle a supprimé 1.000 postes, soit un emploi sur sept, et réduit de 2 milliards ses actifs non stratégiques, l’objectif étant de ramener ce portefeuille à moins de 11,5 milliards fin 2014.
Victime d’une croissance externe non maîtrisée, Co-op Bank a également failli dans sa gouvernance. L’ancien président du groupe, peu au fait des matières bancaires, a dû quitter le navire après des révélations sur sa consommation de drogue. Plus inquiétant, Euan Sutherland, directeur général de Co-op Group, a décidé mi-mars de démissionner après avoir été rappelé à la rescousse il y a seulement dix mois, car il juge la mutuelle «ingouvernable».
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