Le prix de la dette subordonnée de Banco Popular s’est logiquement effondré mercredi matin, après l’annonce de la mise en résolution du groupe et de son adossement à son compatriote Banco Santander. Le Conseil de résolution unique européen (SRB) et le Fonds de restructuration bancaire espagnol (Frob) ont en effet décidé dans la nuit de mardi à mercredi d’effacer la valeur des dettes additional tier 1 (AT1) de la banque et de convertir en actions ses dettes tier 2, avant son achat par Santander pour un euro symbolique.
La valeur des 500 millions d’euros d’AT1 de Popular, qui portaient un coupon de 11,5%, a plongé de 52% sur le pair, à 0,3 centimes. Selon un analyste de Mizuho cité par Bloomberg, ce premier effacement de titres AT1 dans le cadre des nouvelles règles de résolution européennes «ne devrait pas entraîner une contagion plus large au marché des AT1, car il n’y a pas de leçon à en tirer pour d’autres banques». Les instruments émis par UniCredit, Santander et BBVA reculaient d’un centime sur le pair mercredi.
Le cours de l’action Banco Popular, pour sa part, est suspendu par le régulateur, avait clôturé mardi à 0,317 euro, ce qui donnait au groupe une capitalisation de 1,3 milliard d’euros. Celui de Santander, qui réalisera une augmentation de capital de 7 milliards d’euros pour nettoyer le bilan de sa cible, a abandonné jusqu'à 3,36% ce matin.
Le processus de vente a été mené par le SRB et le Frob. Ana Botin, présidente de Santander, a assuré qu’elle n’avait pas subi de pressions pour reprendre Popular et qu’elle avait appris à 6 heures de matin que l’offre de son groupe avait été retenue.
Le très attendu rapport sur la compétitivité bancaire de la Commission européenne doit être publié ce vendredi après-midi. Il propose d'assouplir certaines exigences prudentielles, notamment dans le ratio de levier, ainsi que des mesures pour encourager la consolidation du secteur.
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