Santander rachète Banco Popular à la casse
Banco Santander a annoncé mercredi qu’elle allait racheter sa concurrente Banco Popular pour un euro symbolique. Le groupe procédera à une augmentation de capital de 7 milliards d’euros pour financer notamment les 7,9 milliards d’euros de provisions destinées à couvrir le passif douteux ou irrécouvrable de la cible, dont 7,2 milliards sur l’immobilier.
Santander précise que la transaction dégagera une rentabilité de 13% à 14% en 2020, et accroîtra le bénéfice par action dès 2019. Elle attend également, à horizon 2020, des synergies annuelles de 500 millions d’euros. Au total, devrait être neutre sur son ratio de fonds propres CET1.
La Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le fonds bancaire public espagnol FROB ont annoncé qu’ils autorisaient cette opération. Celle-ci n’aura aucune répercussion sur le contribuable et sur les déposants, alors que les difficultés de Banco Popular suscitaient l’inquiétude croissante des investisseurs. L’opération se traduit en revanche par un «bail-in» de certains créanciers, notamment des porteurs de dette AT1, dont la valeur est effacée, et Tier 2, dont les titres ont été convertis en capital.
Les créanciers juniors paient
Le prix des AT1 de Banco Popular s’est logiquement effondré mercredi matin. Le cours de l’action Banco Popular, suspendu par le régulateur, avait clôturé mardi à 0,317 euro, ce qui donnait au groupe une capitalisation de 1,3 milliard d’euros.
La BCE a joué un rôle déterminant. Elle a estimé le 6 juin que Popular était «susceptible de faire faillite» et a demandé au Conseil de résolutin unique (SRB) d’agir. Celui-ci a estimé qu’un transfert de propriété à Santander «remplissait les objectifs de la résolution et assurait la stabilité financière de l’Espagne et du Portugal, où Banco Popular dispose d’une filiale».
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