La décollecte sur le Livret A s’amplifie en novembre
Mois après mois, le phénomène se confirme. Les épargnants ont retiré 2 milliards d’euros de plus que ce qu’ils ont déposés en novembre sur leurs Livrets A et leurs Livrets de développement durable (LDD). Si l’on excepte un moins d’août tout juste à l’équilibre, les deux produits affichent une décollecte régulière depuis mai 2009. A 1,25%, son taux de rémunération le plus bas depuis la Libération, le Livret A n’est guère attractif, et il ne bénéficie plus du mouvement de fuite vers les dépôts sécurisés qui avait suivi la chute de Lehman Brothers à l’automne 2008.
En raison de la banalisation du produit dans l’ensemble des réseaux bancaires au 1er janvier, l’encours des deux livrets affiche encore une hausse de 13,4 milliards depuis le début de l’année. La décollecte devrait en outre s’atténuer en décembre, mois qui marque le versement des intérêts annuels. Mais au rythme actuel de 1,5 à 2 milliards de décollecte mensuelle, l’excédent hérité des premiers mois de l’année serait complètement résorbé à l’été 2010.
Faut-il dès lors s’inquiéter de la désaffection des épargnants? L’Union sociale pour l’habitat, qui regroupe les acteurs du logement social, s’était alarmée début novembre de la poursuite du mouvement de décollecte, et avait réclamé un relèvement du plafond du Livret A de 15.300 à 20.000 euros. Mais du côté de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui centralise 70% des sommes collectées, comme des pouvoirs publics, on calme le jeu. La loi de banalisation du Livret A garantit à la CDC un volume centralisé au moins égal à 125% de ses besoins de prêts au logement social et à la politique de la ville. Rendez-vous doit par ailleurs être pris au dernier trimestre 2011 afin de fixer le nouveau taux de centralisation des encours.
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