La comparaison des comptes des assureurs reste un exercice difficile
Alors que l’homogénéisation de la comptabilité des assureurs, à travers les normes IFRS et la règlementation Solvabilité 2, a pour objectif la publication d’états financiers compréhensibles et comparables, les progrès en la matière sont lents et disparates. C’est ce que révèle la cinquième étude de Mazars sur la communication financière des assureurs européens en 2012, réalisée sur un panel de 16 groupes. Dans la présente édition, le cabinet s’est penché sur les actifs incorporels, notamment les écarts d’acquisition (goodwill), les instruments financiers et les indicateurs de solvabilité.
Alors que l’étude précédente avait révélé de nets progrès dans la transparence des assureurs en 2011, Mazars n’a pas noté en 2012 «de réelle évolution positive du niveau d’information relatif aux actifs incorporels, qui stagne, voire régresse. Ceci rend les effets des actifs incorporels difficiles à prévoir», indique Sébastien Arnault, l’un des co-auteurs. En outre, comme l’année dernière, le cabinet observe «une large diversité dans les choix méthodologiques, le niveau de détail fourni et les valeurs affectées aux hypothèses», ce qui complique toute comparaison.
Concernant les tests de dépréciation des survaleurs, les progrès les plus notables concernent l’allocation du goodwill par unité génératrice de trésorerie et les hypothèses de flux de trésorerie futurs, données par 15 assureurs sur 16. En revanche, le niveau général des informations sur les tests de sensibilité est en recul.
Le sujet des actifs financiers s’est révélé moins sensible, les conditions de marché ayant été plus favorables en 2012. Mais l’hétérogénéité prime toujours, en particulier concernant les critères de dépréciation des actions. Quant aux instruments de dette, «la qualité des informations n’a pas atteint le niveau exigé par les régulateurs», note Sébastien Arnault. La situation est légèrement meilleure pour les instruments dérivés: alors que la norme comptable est peu exigeante, la majorité des acteurs communiquent les montants notionnels des dérivés (10 sur 16). En résumé, l’information s’est densifiée, mais insuffisamment pour comprendre et comparer les expositions aux dérivés.
Concernant la communication sur la solvabilité, Mazars note que les évolutions dans les modes de calcul (ratio économique, Solvabilité 2 ou règles locales) «sont souvent difficiles à expliquer». Les assureurs sont assez avares de détails en la matière.
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