La City conserve l’espoir d’un accord sur les services financiers après le Brexit
«Le brouillard s’éloigne… Nous commençons déjà à voir des progrès.» A en croire John Glen, secrétaire économique au Trésor et ministre de la City, l’atmosphère entre l’Union européenne et le Royaume-Uni s’est largement détendue ces derniers mois sur la question des services financiers : «L’UE reconnaît désormais qu’il y aura une forme d’accès au marché dans les services financiers alors qu’elle avait auparavant écarté cette idée», a-t-il indiqué hier matin lors de la première journée de City Week dans le Square Mile. Cet optimisme a d’ailleurs été largement partagé par la plupart des participants à l’événement. «Après le référendum, l’accent était mis sur la punition, a souligné Mark Hoban, ancien ministre de la City et président de l’International Regulatory Strategy Group (IRSG), or cette tendance s’est transformée sur la durée en pragmatisme.»
Depuis plusieurs mois, l’IRSG et d’autres lobbys de la City travaillent sur une solution intermédiaire entre le passeport, dont le gouvernement britannique a fait son deuil, et le principe d’équivalence, jugé trop restrictif. La solution avancée est celle d’une reconnaissance mutuelle réglementaire entre les deux blocs, maintenue par une coopération étroite entre les régulateurs. «Le modèle qui sera décidé doit permettre au Royaume-Uni de diverger sur les détails», a souligné Stuart Williams, le président d’ICE Futures Europe. Ardent Brexiter de la première heure, Barnabas Reynolds, associé auprès du cabinet d’avocats Shearman & Sterling, s’interroge néanmoins sur la transposition juridique de tout accord : «Le principe de reconnaissance mutuelle n’a aucune signification dans la loi et nécessite une définition claire.»
Du côté des banques européennes, Jean-Pierre Mustier, le directeur général d’UniCredit, qui compte 600 salariés à Londres, a souligné l’importance de trouver notamment une solution pour garantir la poursuite des contrats transfrontaliers et des flux de données. Sur le fond, le directeur général reste confiant : «Je n’ai aucun doute sur le fait que cette négociation publique aboutisse à une solution. Nous avons l’intention de maintenir nos équipes ici.» Le président de la Société Générale, Lorenzo Bini Smaghi, a cependant mis mis un bémol : «Il y aura un accord», a-t-il reconnu, mais, selon lui, ce ne sera pas forcément l’accord ambitieux de reconnaissance mutuelle voulu par la City…
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