La Chine retarde l’échéance de sa prochaine hausse de taux
La banque centrale chinoise n’aura attendu que quelques heures avant de réagir. A peine connu le chiffre de l’inflation pour mai, à 5,5%, la People’s Bank of China (PBoC) a décidé de relever une nouvelle fois le taux des réserves obligatoires des grandes banques, de 50 points de base, à 21,5%. Effective au 20 juin, la mesure devrait permettre de drainer, selon les estimations, environ 380 milliards de yuans (59 milliards de dollars) hors du système bancaire.
Le relèvement des réserves obligatoires, le sixième de l’année, décale dans le temps la perspective d’un resserrement monétaire par les taux directeurs. «La réponse de la PBoC n’a pas été aussi dure qu’attendu, relève Greg Anderson, stratégiste change de Citigroup. Dans une perspective d’appétit pour le risque, la mesure adoptée aujourd’hui fait disparaître la possibilité d’une hausse du taux de base en juin, ce qui constitue un soulagement». D’autres économistes estiment cependant que les deux outils – taux et réserves – ne sont pas mutuellement exclusifs.
Pékin n’a pour l’instant relevé que quatre fois ses taux depuis septembre – celui des prêts à un an est à 6,31% et celui des dépôts à 3,25% - et a privilégié l’arme des réserves obligatoires. Depuis novembre, le taux des réserves a été relevé de 4,40% au total et se situe 4,5 points au-dessus du pic atteint lors du précédent cycle de resserrement monétaire achevé mi-2008. «Les officiels chinois préfèrent utiliser des mesures moins préjudiciables à la croissance, soulignent les stratégistes change de BNP Paribas. Ils s’appuient peut-être aussi sur un ralentissement de l’inflation au deuxième semestre, qui ferait remonter de facto les taux d’intérêt réels sans avoir besoin de relever substantiellement le taux de prêt».
A 5,5%, l’inflation dépasse largement la cible officielle de 4%. Elle pourrait toucher les 6% en juin. En excluant les prix alimentaires, l’indice n’affiche plus qu’une progression de 2,9%. Si la PBoC a envoyé hier un message de vigilance aux investisseurs, ceux-ci ont surtout tempéré leurs craintes d’un atterrissage brutal de la croissance chinoise. En témoigne la progression de la production industrielle en mai (+13,3% sur un an), à son rythme le moins rapide depuis novembre mais au-delà des prévisions des économistes. L’investissement immobilier continue même d’accélérer (+34,6% en un an sur les cinq premiers mois de l’année).
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