La Belgique lance les hostilités sur le sujet des liquidités bancaires
Les hostilités sont ouvertes. Dans son édition du 26 octobre, Le Soir a lancé un pavé dans la mare. Selon les informations du quotidien belge, «près de 30 milliards d’euros» seraient mobilisés par Fortis, la première banque belge reprise en 2009 par BNP Paribas, afin «d’irriguer» sa maison mère à Paris «qui verrait le marché interbancaire s’assécher dangereusement».
Ces transferts nets ne devraient pas apparaître dans les comptes trimestriels que présentera BNP Paribas ce 3 novembre. La banque «communique ses chiffres sur base semestrielle, a précisé un porte-parole de BNP Paribas Fortis. Au 30 juin 2011, les flux vers sa maison mère se montaient à 21,039 milliards d’euros tandis que les dépôts de BNP Paribas auprès de sa filiale belge s'élevaient à 19,416 milliards d’euros ». Le Soir ajoute qu’un scénario comparable pourrait être observé chez Dexia où les dépôts de la branche belge (Dexia Banque Belgique, qui vient d’être nationalisée) couvraient les investissements de la branche française (Dexia Crédit Local): «Les flux atteignaient là aussi, selon les sources, de 30 à 40 milliards d’euros», écrit-il.
Alors que les parties concernées se sont bien gardées de réagir en France, BNP Paribas a indiqué à l’agence Belga qu’il n'était pas « correct de parler de dépôts » (l’article évoquait les dépôts d'épargnants belges utilisés par le groupe français). La banque n’a en revanche ni confirmé, ni infirmé les montants cités.
Quoi qu’il en soit, BNP Paribas, comme les autres étrangers, devra respecter le nouveau règlement de la Commission bancaire, financière et des assurances belge relatif aux fonds propres des établissements de crédit et des entreprises d’investissement. En substance, les flux intragroupes vers la «mère» vont être limités à 100 % des fonds propres de la «fille». « Les actifs constituant des créances et autres expositions sur des contreparties (…) continuent de faire l’objet du même traitement (qu’avant le 29 juin 2009), mais toutefois pas au-delà du 31 décembre 2012. Entretemps, les établissements prennent les mesures nécessaires afin de respecter au plus vite les limites fixées», indique le texte daté du 27 juillet 2010.
Cette réglementation tombe on ne peut plus mal à un moment où les liquidités apparaissent comme des denrées précieuses. Et semble relever d’une forme de protectionnisme au sein même de l’Union européenne.
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