La BCE va contrôler davantage la gestion du collatéral par les banques centrales nationales
La Banque centrale européenne (BCE) va surveiller plus strictement la façon dont les banques centrales nationales gèrent le collatéral pour éviter que des erreurs commises récemment ne se reproduisent.
Cet été, la Banque de France a mal calculé des décotes de collatéral au point de prêter trop à certaines banques. Le problème «technique», est clos depuis août dernier selon l’institution. Elle assure qu’il n’a pas eu d’impact sur la politique monétaire sachant que ses contreparties sont sur-collatéralisées mais ne souhaite pas en dire davantage. Cette bévue n’est pas un cas isolé. L’été dernier, la Banque d’Espagne a aussi fait face à «un problème d’interprétation» des règles de la BCE, d’après Mario Draghi. Cela a conduit l’institution à mal calculer des décotes applicables aux billets de trésorerie de l’Etat espagnol. Le tir a été rectifié et l’erreur, qui concernait des petits montants, n’a pas eu d’impact particulier.
«Nous prenons ces incidents, très très au sérieux» a cependant martelé le président de la BCE lors de sa dernière conférence de presse. Le 6 décembre dernier, le Conseil des gouverneurs a demandé la mise en œuvre rapide d’une série de mesures souhaitées par le comité d’audit (emmené par Erkki Liikanen) et issues d’un rapport de 2011. L’application de ces principes sera suivie chaque trimestre de 2013. La BCE n’apporte pas plus de précisions. Toutefois, Mario Draghi a évoqué la création d’un «réseau pour vérifier la qualité des données» (data quality compliance network) et d’une unité interne à l’institution consacrée à cette qualité.
La BCE précise par ailleurs que le comité d’audit interne à l’Eurosystème va contrôler l’application du cadre européen de gestion de collatéral dans trois à quatre banques centrales nationales chaque année, avec des équipes composées d’auditeurs de la BCE et des banques centrales nationales. Il sera aussi chargé de passer en revue le cadre de gestion du collatéral et de faire des propositions pour le rendre plus sûr.
L’idée pourrait émerger de centraliser la gestion du collatéral au sein de la BCE. Interrogé sur l’opportunité d’un tel changement, Mario Draghi a assuré que c’était «une bonne question». Tout en soulignant qu’il fallait déjà mettre en œuvre les mesures récemment décidées et mesurer leur impact, il a rappelé que le cadre actuel remontait à la création de la BCE.
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