L’euro numérique pourrait être lancé dès 2029
La Banque centrale européenne (BCE) met de nouveau la pression sur les parlementaires. Après un discours de sa présidente, Christine Lagarde, allant déjà dans ce sens en juin dernier, l’institution a indiqué dans un communiqué qu’elle serait prête à émettre un euro numérique en 2029. A condition que les législateurs adoptent un règlement en ce sens «courant 2026».
Cette monnaie numérique de détail, utilisable par les particuliers, «préservera la liberté de choix et protégera la vie privée des Européens tout en sauvegardant la souveraineté monétaire et la sécurité économique de l’Europe», estime la BCE dans un communiqué. Elle se veut une réponse au développement des stablecoins, ces jetons numériques adossés à une monnaie, qui prend de plus en plus d’ampleur aux Etats-Unis et pourrait menacer la souveraineté monétaire européenne.
Un coût de 1,3 milliard d’euros
Sans attendre le feu vert du Parlement, la banque centrale a décidé de lancer la nouvelle phase de ce projet après une étape préparatoire qui s’est déroulée depuis 2023 et s’est «conclue avec succès», selon l’institution. En cas d’adoption de la législation adaptée, «un exercice pilote pourrait démarrer en 2027 et l’Eurosystème devrait être prêt pour une émission initiale potentielle de l’euro numérique dans le courant de 2029», indique la BCE.
«L’euro numérique coexistera avec les espèces et en apportera les avantages (simplicité, respect de la vie privée, fiabilité, disponibilité dans l’ensemble de la zone euro) dans la sphère des paiements numériques», précise la banque centrale. Elle évalue par ailleurs les coûts de développement totaux de ce projet à 1,3 milliard d’euros jusqu’en 2029 pour des coûts d’exploitation qui s’élèveraient ensuite à 320 millions d’euros par an.
Parallèlement à l’euro numérique, à l’horizon de lancement encore relativement lointain et incertain, la BCE prévoit de déployer la première étape de son projet de monnaie numérique de banque centrale, soit un euro numérique de gros utilisable uniquement par les acteurs financiers, dès l’année prochaine.
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